Marquises et Maupiti : le Pays réglemente le mouillage des navires pour protéger les baies et les fonds marins
29 avril 2026
29 avril 2026
Hiva Oa, Ua Pou, Ua Huka, Maupiti, quatre îles entrent dans un nouveau cadre réglementaire pour le mouillage des navires. Le Pays vient d’adopter des arrêtés qui organisent le stationnement des voiliers dans leurs baies, face à la pression croissante de la plaisance. Objectif : protéger les écosystèmes et éviter les conflits d’usage.
97 places de mouillage réparties entre les Marquises et les Îles Sous-le-Vent. C’est le résultat des arrêtés adoptés en conseil des ministres. Ces textes définissent, île par île, des zones délimitées où les navires de plaisance sont autorisés à stationner et des règles claires sur la durée, les équipements et les rejets.
La décision fait suite à une augmentation sensible des escales nautiques dans des archipels dont les baies n’étaient jusqu’ici soumises à aucun cadre contraignant. Résultat : mouillages anarchiques, pressions sur les herbiers, tensions entre usagers locaux et plaisanciers de passage.
À Hiva Oa, l’île la plus fréquentée de l’archipel des Marquises, six zones de mouillage sont créées pour 46 places réservées à la petite plaisance. Ua Pou dispose désormais de cinq zones pour 21 places, Ua Huka de deux zones dans les baies de Vaipaee et de Hane pour 20 places. À Maupiti, dont le lagon est classé parmi les plus préservés de Polynésie, le dispositif existant est complété par deux zones supplémentaires pour 10 places.
Des zones séparées sont prévues pour les navires de grande taille, dans des secteurs adaptés aux manœuvres et aux contraintes de sécurité.
Tout mouillage dans ces zones est soumis à autorisation préalable de l’autorité maritime d’escale. Les navires devront disposer d’équipements adaptés à la gestion des eaux usées. Les rejets polluants sont interdits. Le nombre de navires par zone et la durée de stationnement sont également encadrés. Ces dispositions sont pensées comme un filet de protection pour des écosystèmes fragiles — herbiers, coraux, fonds sableux — que les ancres non contrôlées peuvent rapidement dégrader.
La réglementation n’est qu’une première étape. Des études préalables à l’installation d’ancrages écologiques — des dispositifs fixes qui évitent aux navires de mouiller directement sur les fonds — débuteront dans le courant du second semestre 2026. En attendant, des ambassadeurs ESCALES seront déployés sur le terrain pour informer les plaisanciers des nouvelles règles. Le programme ESCALES, porté par le Pays, accompagne depuis plusieurs années le développement du nautisme en Polynésie française en articulant accueil et protection de l’environnement.