Le Japon cherche à enfouir ses déchets nucléaires


De notre correspondante à Tokyo, Johann Fleuri Ce lundi, le maire de l’archipel d’Ogasawara, au large de Tokyo, a donné son feu vert pour que l’ile inhabitée de Minamitori-shima fasse l’objet d’une étude: des résultats de cette dernière dépendra la décision de faire construire une structure d’enfouissement de déchets nucléaires à haute activité radioactive, après vitrification. Menée par l’entreprise Numo, l’enquête est prévue pour vingt ans.


Minamitori-shima s’ajoute à Sutt-su, Kamoenai et Genkai, les trois autres municipalités à l’étude depuis
2020. Ces dernières années, le gouvernement japonais encourage les communes à se porter candidates pour l’accueil de ce projet et espère en compter davantage: mais la perspective de confiner sous terre des déchets radioactifs pour des milliers d’années alarme la population locale autant que les chercheurs.

« L’île de Minamitori-shima présente une activité volcanique non négligeable à moins de 50 km de ses côtes, explique Hajime Matsukubo, chercheur et secrétaire général du Centre d’information du nucléaire pour les citoyens. Son fond marin est escarpé et une couche de calcaire de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, peu étanche, s’y est dé-posée, rendant difficile un enfouissement sûr et sécurisé.»

Le chercheur poursuit : « Elle se trouve à 1800 km au large de Tokyo.


Le transport des déchets par voie maritime va être compliqué et s’il y a un séisme ou un tsunami, il sera très difficile d’intervenir sur une si longue distance.»


L’île se trouve à 1 800 km au large de Tokyo. S’il y a un séisme ou un tsunami, il sera très difficile d’intervenir.

En plus de l’activité volcanique et des séismes, le gouvernement se heurte à un autre obstacle : la résistance des habitants. Dans le village de Suttsu, à Hokkaido, l’étude a pris du retard en raison de l’opposition d’une large partie de la population, qui s’insurge contre le projet et le fait que leur maire ait proposé leur ville comme candidate sans les consulter.


À chaque phase de l’enquête, les communes perçoivent des subventions : Suttsu s’est vu attribuer deux milliards de yens pour avoir accepté que l’étude démarre. Une somme qui représente près de la moitié de son budget annuel (5,4 milliards de yens).