Liquidation de Towt : Grain de Sail défend le transport à la voile
10 avril 2026
10 avril 2026
La liquidation de la compagnie Towt attriste la filière du transport vélique de marchandises. Mais, « ce n’est pas la fin de l’histoire, au contraire, des projets marchent », soutient Stefan Gallard, directeur général adjoint de Grain de Sail, implantée à Morlaix (29). (Propos recueillis par Bruno Salaün)
Comment réagissez-vous à la liquidation judiciaire de la compagnie Towt, l’une des pionnières dans le transport vélique transatlantique moderne de marchandises ?
D’abord, nous pensons à l’équipe de Towt: des pionniers engagés dans des projets innovants, avec des convictions en faveur de la transition écologique et d’un transport maritime décarboné. Ils restent précieux pour la filière. Ça nous attriste mais c’était prévisible: c’était très risqué d’engager des investissements aussi conséquents dans huit navires, sur un modèle qui reste artisanal, dans des marchés de niche à haute valeur ajoutée. Mais, il ne faut pas prendre cette liquidation comme un acte de fin de l’histoire du vélique en France.
Que voulez-vous dire ?
L’histoire d’une entreprise n’est pas un indicateur pour toute la filière.
Au contraire, il y a des projets qui mar-chent, qui sont stables. Par exemple, notre bateau Grain de Sail Il va quitter Saint-Malo, la semaine prochaine, chargé à 80 %. Oui, avec l’histoire des tarifs, des droits de douane, de l’instabilité de l’économie américaine, nous avons connu une période transitoire où des clients se sont désengagés. Mais ils sont tous revenus en acceptant de payer un peu plus cher le transport à la voile parce que nous tenons les promesses commerciales et de décarbonations. Le transport vélique, cela marche techniquement, cela permet au transport maritime d ‘avancer dans la décarbonations et je ne vois pas d’autres projets couler. Mais cela reste une filière innovante et immature qui a besoin d’être soutenue par l’Etat pour franchir un cap. L’État, les banques, les clients, les investisseurs ne doivent surtout pas se désengager. On sait tous que le modele économiquement viable, sur des routes commerciales comme celles-ci, hors cabotage intra-euro-péen ou entre les iles, c’est celui des conteneurs et moins des palettes, dans les standards du transport mari-time, et donc avec de gros bateaux, plus gros que ceux de Towt. C’est le sens de l’évolution progressive de Grain de Sail vers un troisième navire de plus grande dimension.
Qu’attendez-vous de la proposition de loi sur le transport vélique qui sera examinée, la semaine prochaine, à l’Assemblée nationale?
Un cadre réglementaire et une définition de ce qu’est le transport vélique, avec des catégories. Cela n’existe pas aujourd’hui. Dès l’instant où le cadre sera posé, cela nous permettra de rentrer dans des cases pour aller chercher des subventions, des échanges de crédits carbone. Et de générer plus d’investissements pour accélérer le développement de la filière vélique.