« Odyssey For Life », une étude inédite consacrée à l’étude de la migration des baleines
2 avril 2026
2 avril 2026
« Odyssey For Life » est un programme scientifique inédit est consacré à l’étude de la migration des baleines à bosse entre la Polynésie et l’Antarctique. Parmi les objectifs de ce projet : cartographier les routes migratoires des baleines pour limiter les collisions, comprendre les comportements des baleines entre elles et entre les autres espèces ou encore mesurer la pollution des océans et son impact sur la santé des baleines à bosse
Polynésie La 1ère: Vous avez obtenu l’année dernière les autorisations du pays pour mener ce projet, Vous avez récolté des données inédites, susceptibles de devenir une référence mondiale. Qu’avez-vous découvert ?
Agnès Benet, directrice et fondatrice de l’association Mata Tohora: « En génétique, nous sommes très heureux parce que l’on a découvert quelque chose qui jamais été référencé dans les bases de données internationales, et qui vient appuyer certains mythes polynésiens en génétique. Donc on est exactement dans le sujet de travailler entre science dure et toute la mythologie polynésienne, vous en aurez les révélations bientôt. On est sur le point de faire toutes les publications internationales. Je dirige une équipe de 24 chercheurs dans différents pays ».
P. La 1ère: Ce sont des résultats que vous allez présenter en Ecosse c’est ça ?
A.B. : « Ce sera présenté en Ecosse en avril ».
P. La 1ère: Jamais les baleines à bosse n’avaient été étudiées de la sorte ?
A.B. : « Génétiquement parlé, on était jamais allés aussi loin dans la recherche scientifique. Et dans aucune base de données du monde, nos résultats apparaissent. Parce que nous sommes allés chercher quelque chose n’avait jamais cherché jusqu’à présent ».
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P. La 1ère: Vous étudiez la génétique, l’acoustique, l’ADN environnemental, l’écotoxicologie ou encore la bactériologie et la virologie. Qui sont les scientifiques qui vous ont suivi ?
A.B. : « On est tous bénévoles. On a travaillé que sur fonds propres pour cette première recherche. Et justement, les résultats qui apparaissent demandent à ce qu’on poursuive les recherches avec des financements. Les scientifiques sont dans différents pays et chacun dirige une équipe. En génétique, en écologie, il y a des vétérinaires également. On prévoit une thèse doctorale vétérinaire avec l’école nationale vétérinaire de Toulouse, pour tout ce qui tourne autour de l’état de santé des baleines ».
P. La 1ère: Cette validation scientifique, vous y tenez ! Vous êtes vous-même docteur ?
A.B. : « Je suis docteur en Océanie biologique. Et effectivement, ce qui est très intéressant dans ce programme, c’est de pouvoir travailler avec les connaissances empiriques et ancestrales, autant qu’avec des connaissances scientifiques avec des protocoles très précis, et validés dans le monde entier ».
P. La 1ère: La conférence des nations unies à Nice a permis d’annoncer la création de la plus grande aire marine protégée de la planète, c’est un pas en avant important à vos yeux ?
A.B.: « C’est très important, surtout qu’avec les résultats que nous avons pour les concentrations de métaux lourds dans les baleines, il va falloir vraiment bien protéger nos océans, pour assurer l’avenir de nos baleines ».
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P. La 1ère: Concernant la réglementation sur les baleines, vous avez été l’une des premières associations à sensibiliser la population au respect de l’animal, vous êtes satisfaite par l’évolution de la réglementation ?
A.B.: « Oui, la réglementation a bien évolué. En parlant de culture, on voit quand même qu’une grande partie de la population n’a plus accès aux baleines, avec les bateaux, les pirogues, et cela reste un petit peu incompréhensible. Parce qu’un bateau, quel qu’il soit, doit respecter des règles d’approche, qui sont devenues de plus en plus précises et permettent aux baleines d’être respectées. Mais cette partie-là de la population qui ne peut plus justement accéder à leur culture dans l’eau, et sur l’eau… je pense qu’il y a quelque chose à revoir ».