Le Chili approuve d’importantes mesures de protection des océans au bénéfice des populations et de la nature
17 mars 2026
17 mars 2026
Aujourd’hui, le Chili a instauré 337 000 kilomètres carrés de nouvelles zones de protection marine autour des îles Juan Fernández et Nazca-Desventuradas — des eaux que les scientifiques considèrent comme abritant les plus fortes concentrations d’espèces marines endémiques au monde.
Grâce à ces nouvelles mesures, plus de la moitié de la zone économique exclusive du Chili est désormais protégée, renforçant ainsi le rôle de leader du pays en matière de conservation marine à grande échelle.
Ce qui rend cette avancée particulièrement significative, c’est l’identité de ceux qui en sont à l’origine. Depuis près de deux décennies, la communauté de Juan Fernández défend la protection de ses eaux environnantes — en s’appuyant sur des générations de savoir-faire, des traditions de pêche durable et un lien culturel profond avec l’océan. Leur engagement offre aujourd’hui l’un des exemples les plus inspirants de conservation marine portée par les communautés.
L’année dernière, ils ont présenté une proposition claire pour renforcer les protections, et aujourd’hui cette vision devient réalité. Une fois mises en œuvre, ces zones entièrement protégées couvriront près de 900 000 km² — soit une superficie supérieure d’un cinquième à celle de l’ensemble du territoire terrestre du Chili. À cette échelle, les mesures de protection préserveront une biodiversité exceptionnelle — allant d’espèces endémiques uniques, comme l’otarie à fourrure de Juan Fernández, à des habitats essentiels pour les baleines, les tortues, les oiseaux marins et les poissons — tout en renforçant la résilience face à la pêche industrielle, à la pollution et au changement climatique.
La science a démontré que la prévention des activités nuisibles, telles que la pêche industrielle, sur de vastes zones océaniques constitue l’un des moyens les plus efficaces de protéger la vie marine. La préservation d’habitats clés, tels que les zones de reproduction et de nurserie, permet de reconstituer les populations de poissons et de soutenir des pêcheries durables, tant à l’intérieur qu’au-delà des zones protégées.
La pêche représente un pilier économique majeur pour l’archipel de Juan Fernández, contribuant à environ 46 % de l’économie locale. La pêche artisanale est bien plus qu’un moyen de subsistance : c’est une pratique culturelle qui relie les habitants à leur patrimoine insulaire et à la mer, que la communauté souhaite préserver sur le long terme.
Dans mon rôle au sein de Pew Bertarelli Ocean Legacy, j’ai eu l’honneur de soutenir la communauté de Juan Fernández aux côtés de partenaires tels que Blue Marine Foundation, Island Conservation et Fundación Patagonia Azul.
Lorsque le leadership local génère un impact mondial, nous nous rapprochons des objectifs définis dans le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, par lequel les nations se sont engagées à protéger au moins 30 % de l’océan mondial d’ici 2030 afin d’enrayer la perte de biodiversité.
La réalisation d’aujourd’hui dépasse le cadre d’une simple politique nationale ou d’un engagement international. Elle reconnaît que la protection des océans portée par les communautés fonctionne — pour la biodiversité, pour la résilience climatique et pour les populations.