Câbles : Jan de Nul investit dans des navires pour le creusement de tranchées

L’armateur fait construire un navire et en convertit un autre pour les travaux de creusement de tranchées destinées à protéger les câbles. Ce choix s’inscrit dans un plan d’investissement pour se doter de plusieurs navires capables de déployer des câbles, afin de soutenir les besoins d’interconnexion et de raccordement des parcs éoliens.

L’armateur belge Jan de Nul investit dans deux navires pour les opérations de creusement de tranchées. Ils serviront à enfouir des câbles sous-marins utilisés pour exporter l’électricité produite en mer ou interconnecter des réseaux électriques. Ainsi, Jan de Nul a choisi de commander un nouveau navire de soutien au creusement de tranchées (trenching support vessel – TSV, habituellement utilisés pour creuser des tranchées et installer des rochers) et va en transformer, un autre, la drague Henry Darcy.

Le premier navire, conçu sur mesure par Ulstein Design & Solutions AS, sera construit par CMHI, en Chine, avec une livraison prévue en 2028. Les spécifications techniques n’ont pas été communiquées, mais Jan de Nul et Ulstein le présentent comme un navire « ultramoderne », avec une étrave X-Bow améliorant à la fois le confort à bord, le passage dans les vagues et la consommation de carburant. Il sera équipé d’une trancheuse, qui est un robot sous-marin piloté depuis le bord et capable d’enfouir des câbles jusqu’à cinq mètres de profondeur. Les moteurs du navire seront aussi prêts à utiliser du biocarburant et du méthanol, à l’avenir.

Le Henry Darcy est une drague à injection d’eau de 62.88 mètres de long, par 17.24 mètres de large équipée d’un système de positionnement dynamique. Pour sa conversion en TSV, elle va être équipée d’un robot spécialisé dans l’enfouissement de câbles dans des eaux peu profondes qui a été commandé à Osbit.

Cet investissement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à doter Jan de Nul d’une flotte capable de travailler à la pose et la protection de câbles sous-marins. Jan de Nul se dote d’une flotte de navires pour la pose et la protection de câbles sous-marins. Il fait notamment construire de très grands câbliers également chez CMHI (les Fleeming Jenkin, William Thomson), ainsi qu’un un navire d’enrochement, le George W. Goethals.

L’armateur explique que, s’il ne communique pas de chiffre sur ces investissements, l’effort pour lui est « considérable ». Il veut ainsi être prêt à répondre à la forte demande à venir de raccordement des énergies marines renouvelables et d’interconnexion, en particulier en Europe.

Le groupe belge est déjà très présent dans l’éolien avec deux navires d’installation autoélévateurs (Voltaire et Vole au Vent), trois navires grues flottants (Alizés, Gulliver et Rambiz), quatre navires d’enrochement (Joseph Plateau, Simon Stevin, La Boudeuse et Tiger) et trois navires polyvalents.

Source : Mer et Marine