Méditerranée : vers un avenir durable — dialogue clé à Bruxelles

 
Le 3 mai 2026, Bruxelles a accueilli un important événement consacré à la Méditerranée. Lors du « Mediterranean Pact: From Territories to Cities – The Shared Agenda », organisé par SDG4MED, élus, scientifiques, acteurs portuaires et représentants du secteur se sont réunis pour faire le point sur les avancées de la région et définir les priorités pour transformer la Méditerranée en un espace résilient, durable et intégré.

Les participants ont souligné le rôle croissant de la région, désormais perçue comme un véritable hub de croissance de l’économie bleue, loin d’être une simple zone périphérique. Un intervenant a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance régionale pour concrétiser les ambitions politiques, en mobilisant pleinement les financements européens. Un autre a souligné l’importance stratégique des ports, qui doivent devenir des hubs essentiels pour l’énergie et la logistique, capables de renforcer les chaînes d’approvisionnement entre l’Europe et la Méditerranée.
Les intervenants ont rappelé que la recherche et l’innovation sont indispensables pour préserver la biodiversité, lutter contre la tropicalisation et développer le secteur bleu. Un représentant de la CIESM a présenté un vaste réseau scientifique regroupant 23 États et près de 10 000 chercheurs, soutenu par des programmes concrets tels que la surveillance climatique et psychosociale. Un appel a été lancé pour simplifier les mécanismes de financement afin de faciliter la mise en œuvre des projets de recherche.

L’énergie a été au cœur des débats : un expert a souligné la nécessité de développer des ressources naturelles telles que la biomasse et le biométhane, ainsi que de moderniser la flotte méditerranéenne, incluant environ 60 000 petits bateaux de pêche — une priorité pour l’économie circulaire verte. La sécurité sous-marine, essentielle à la stabilité régionale, a été abordée mettant en avant les projets de hub sous-marin destinés à surveiller cet espace stratégique — où transitent 70 % des données à destination de l’Afrique.

Un problème récurrent est la fuite des cerveaux du Sud vers le Nord. Rym Benzina, présidente de La Saison Bleue en Tunisie, a souligné que, malgré un secteur touristique dynamique attirant des millions de visiteurs chaque année, la mobilité des jeunes et des spécialistes reste limitée. « Pour attirer les talents, il est essentiel de créer des emplois mutuellement bénéfiques, sans que le Nord n’impose de solutions au Sud », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur l’importance d’investir dans la formation, les emplois et l’attractivité régionale pour retenir les compétences et prévenir l’exode. La région ne doit pas seulement croître, mais aussi construire une coopération équilibrée, juste et solidaire pour un avenir partagé.
Les discussions ont également mis en avant l’importance d’établir un cadre réglementaire équitable, de rationaliser les instruments de financement de l’UE et d’assurer l’interopérabilité numérique. La Commission européenne a confirmé son engagement à élaborer un plan d’action concret, avec des feuilles de route pour la pêche, l’énergie, la sécurité maritime et la gestion des données.

Les dirigeants européens et régionaux s’accordent : pour que la Méditerranée réalise pleinement son potentiel, une mobilisation coordonnée, sincère et axée sur les résultats est indispensable. Avec tous ses atouts, la région peut devenir un leader mondial de l’économie bleue durable — à condition que tous les acteurs s’unissent dans un effort ambitieux, pragmatique et collectif.
 
La Saison Bleue