La biomasse de poissons pourrait être réduite d’un quart dans les eaux françaises d’ici à 2100, du fait du réchauffement climatique

 

Une alerte, et un appel à moins pêcher. La biomasse de poissons pourrait reculer d’un quart dans les eaux françaises d’ici à la fin du siècle, sous l’effet du réchauffement climatique, souligne l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) dans un rapport, mardi 3 mars.

Selon les scénarios climatiques, la baisse estimée de biomasse au niveau mondial, à l’horizon 2100, est comprise entre 10% et 30%. En France, le changement climatique devrait provoquer des pertes moyennes de biomasse estimées entre 5 à 8% au milieu du siècle, et jusqu’à -23 % à la fin du siècle pour un réchauffement à 4°C, d’après l’Ifremer.

Provoqué par des émissions massives de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique s’accompagne d’une acidification et d’une désoxygénation des océans. Ces phénomènes perturbent le fonctionnement des écosystèmes marins, en diminuant la production de plancton (à la base de la chaîne alimentaire) et en altérant la physiologie, la croissance et la reproduction des poissons. Le réchauffement climatique entraîne en parallèle des migrations de certaines espèces vers le Nord, à la recherche d’eaux plus froides.

 

Un appel à des niveaux d’exploitation « un peu plus faibles »

 

Face à ce constat, les chercheurs préconisent de revoir les objectifs de gestion des pêcheries, qui reposent actuellement sur le rendement maximum durable (RMD). Cet indicateur correspond au niveau maximal de captures d’une population de poissons, sans compromettre sa capacité à se renouveler. Les chercheurs préconisent de considérer le RMD actuel comme une limite, plutôt que comme une cible, et de viser des niveaux d’exploitation « un peu plus faibles ».

« Comme le risque et l’incertitude augmentent, il faut être un peu plus précautionneux et disposer d’une marge de manœuvre un peu plus grande », explique à l’AFP Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l’Ifremer. « S’il n’y a pas de changement, on va aller vers une situation qui va continuer à se dégrader à cause des conditions environnementales qui changent. »

Source : France info