Moyen-Orient : cap par l’Afrique pour le transport maritime
5 mars 2026
5 mars 2026
L’aggravation du conflit au Moyen-Orient contraint les grandes compagnies maritimes internationales à modifier leurs routes commerciales, privilégiant désormais des itinéraires contournant le continent africain. Cette option, considérée comme plus sécurisée, entraîne toutefois des coûts logistiques nettement supérieurs.
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, représente un maillon essentiel du commerce énergétique mondial, assurant près de 30 % des flux quotidiens de pétrole. L’Iran, qui en contrôle la rive nord, avait récemment évoqué la possibilité d’en restreindre l’accès à la navigation internationale.
À la suite des frappes menées par les États-Unis et Israël contre des cibles iraniennes durant le week-end — et des représailles engagées par Téhéran — ce corridor maritime parmi les plus fréquentés de la planète connaît d’importantes perturbations.
Dans un contexte d’escalade militaire, l’Iran a annoncé dimanche la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic maritime international. Cette décision oblige les armateurs à recourir provisoirement à des itinéraires alternatifs, notamment ceux longeant les côtes africaines, en attendant un éventuel apaisement des tensions.
Pour éviter les dangers liés au passage par le golfe d’Aden et la mer Rouge, les pétroliers privilégient désormais la route plus longue du cap de Bonne-Espérance, au large de l’Afrique du Sud, afin d’acheminer leurs cargaisons vers les marchés internationaux. Ce détour rallonge les délais de livraison et accroît les frais d’exploitation, contribuant ainsi à la récente hausse des prix du brut.
Plusieurs grands groupes du transport maritime, à l’image de Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd, ont annoncé la suspension temporaire de leurs transits via le détroit d’Ormuz et la réorganisation de leurs opérations vers la route sud-africaine.
Parallèlement, les cours du pétrole ont fortement progressé, tandis que les marchés boursiers reculaient, sur fond de crainte d’un conflit régional élargi opposant Israël — soutenu par les États-Unis — à l’Iran autour du dossier nucléaire iranien.
Lundi, les frappes américaines et israéliennes se poursuivaient contre des cibles en Iran, tandis que Téhéran ripostait par des attaques visant des intérêts israéliens, américains, britanniques et arabes dans les États du Golfe.