Transport maritime : Washington renforce ses exigences de sécurité pour les ports camerounais

 

Les États-Unis ont retiré aux ports de Douala et de Kribi leurs exemptions en matière de sûreté maritime, imposant dès ce 25 février 2026 des contrôles renforcés aux navires ayant fait escale au Cameroun.

La Garde côtière des États-Unis (United States Coast Guard – USCG) a officiellement durci le ton à l’égard du Cameroun. Par un avis de súrete portuaire consulté par EcoMatin, l’administration américaine lève les exemptions dont bénéficiaient les ports de Douala et de Kribi, en raison de « normes de sécurité jugées insuffisantes». Ainsi, à compter de ce 25 février 2026, tout navire ayant fait escale dans ces deux plateformes au cours de ses cinq dernières rotations devra appliquer des mesures de sécurité renforcées avant d’accoster aux États-Unis, sous peine de retards, d’inspections accrues, voire de refus d’entrée.


Concrétement, les armateurs concernés devront activer le niveau 2 du Code ISPS, renforcer le contrôle des accès à bord et déployer des agents de sécurité privés armés à chaque point d’embarquement. Ils devront également notifier au « Captain of the Port » de l’USCG les dispositions prises. Ces exigences, fondées sur le Maritime Transportation Security Act, s’inscrivent dans un contexte global de lutte contre les menaces maritimes, les trafics illicites et les stratégies de contournement des sanctions. Pour le Cameroun, dont une part significative des exportations (hydrocarbures, bois, cacao, aluminium) transite par ces deux infrastructures, la décision américaine introduit un risque réputationnel et un surcoût logistique non négligeable.

Cette mise sous surveillance intervient alors que la place portuaire de Douala sort à peine d’une crise majeure liée au scanning des marchandises. Le différend opposant le Port Autonome de Douala (PAD) à l’opérateur historique Société Générale de Surveillance (SGS), initialement remplacé par Transatlantic D. SA, avait paralysé les opérations de dédouanement pendant plusieurs semaines.


Double facturation, contentieux contractuel et blocages logistiques avaient entraîné des pertes estimées à plusieurs milliards de FCFA pour les industriels, suscitant la colère du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM).
Face au risque d’une flambée des prix et d’une dégradation de l’image du hub portuaire, le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait ordonné fin janvier le rétablissement immédiat de la SGS dans ses droits contractuels, rappelant la primauté des engagements internationaux de l’État. Si une solution de cohabitation SGS – Transatlantic D. SA a depuis été trouvée par le directeur général du PAD Cyrus Ngo’o pour relancer le scanning et viser l’objectif de « 100% de contrôle », l’avertissement de Washington souligne la fragilité persistante du dispositif sécuritaire camerounais. Car au-delà de la conformité technique, c’est désormais la crédibilité du corridor maritime camerounais sur les marchés internationaux qui se joue.

Source : éco matin