GABORONE : Économie bleue – Un programme de pêche transforme la vie de millions d’habitants en Afrique australe

 

Une initiative régionale financée par la Banque africaine de développement a permis de dynamiser le commerce de poisson et de sécuriser les revenus de près de trois millions de personnes au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe.

La gestion des ressources aquatiques en Afrique australe connaît une transformation majeure. Grâce au Programme pour l’amélioration de la gouvernance des pêches et des corridors commerciaux de l’économie bleue (PROFISHBLUE), la région enregistre des avancées significatives en matière de sécurité alimentaire et de développement économique. Ce projet, soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement (https://www.AfDB.org), s’impose désormais comme un modèle d’intégration régionale réussie.

Un levier de croissance régionale

Financée par un don de 9,2 millions de dollars, cette initiative a généré des volumes d’échanges transfrontaliers dépassant les 500 000 tonnes au cours des quatre dernières années. Ce dynamisme commercial a un impact direct sur la création d’emplois et la résilience climatique dans 16 États membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

L’impact est particulièrement notable dans sept pays cibles : la République démocratique du Congo, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Au total, plus de 250 000 bénéficiaires ont vu leurs capacités renforcées grâce à des formations pointues et à la mise à disposition d’équipements modernes, notamment des véhicules de transport frigorifiques essentiels pour la chaîne du froid.

Une gestion durable des ressources

Au-delà des chiffres, c’est la philosophie de gestion qui a évolué. Le projet a prouvé que les ressources halieutiques peuvent être exploitées de manière durable et équitable, même face aux défis du changement climatique.

Neeraj Vij, responsable régional du secteur des opérations « Nourrir l’Afrique » pour l’Afrique australe à la Banque africaine de développement, souligne l’importance stratégique de ce secteur : « Le projet PROFISHBLUE a montré les meilleures pratiques en matière d’intégration régionale des corridors commerciaux de l’économie bleue et du commerce transfrontalier du poisson. Environ 3 milliards de personnes dépendent des chaînes d’approvisionnement mondiales pour les aliments d’origine aquatique, contribuant ainsi à hauteur de 300 milliards de dollars par an à l’économie mondiale ».

Il ajoute : « Ce projet démontre comment un investissement stratégique dans la gouvernance des pêches peut créer des chaînes de valeur compétitives, génératrices d’emplois et de moyens de subsistance, tout en éradiquant l’extrême pauvreté, particulièrement en milieu rural ».

La parole aux bénéficiaires

L’aspect inclusif du programme, favorisant notamment l’entrepreneuriat féminin, se reflète dans les témoignages recueillis sur le terrain. Ces retours d’expérience corroborent l’analyse des experts sur la montée en compétence des acteurs locaux.

Hifadhi Hai, une participante au projet originaire de Tanzanie, témoigne de cette évolution technique : « Nous nous sommes lancés dans un parcours d’investissement que peu de petits entrepreneurs envisageraient de faire, tester la technologie de la culture d’algues marines. Nous apprécions cette opportunité… ».

De son côté, Tamala Mtambo, transformateur de poisson au sein de la Twiyule Fish Cooperative au Malawi, confirme l’impact sur l’activité quotidienne : « ProFishBlue nous a aidés à faire de la transformation du poisson une source de progrès ».

Une coopération multisectorielle

La réussite de ce programme repose également sur une collaboration étroite entre divers organismes internationaux tels que la FAO, l’ONUDI, le WWF, WorldFish et l’Organisation africaine de normalisation (ARSO).

Lors de la célébration des résultats du projet à Gaborone, Domingos Gove, s’exprimant au nom de la SADC, a tenu à saluer ce partenariat : « Nous sommes reconnaissants envers le Groupe de la Banque africaine de développement pour le financement de la mise en œuvre de ce projet dans le cadre de l’économie bleue. Ce soutien a démontré notre capacité à améliorer les systèmes alimentaires aquatiques au profit de plus de 380 millions de personnes dans la région ».

Les formations dispensées ont couvert un large spectre, allant de l’amélioration génétique des espèces de tilapias à l’harmonisation des politiques douanières, en passant par la lutte contre la pêche illégale grâce à des systèmes de surveillance des navires. Le Groupe de la Banque africaine de développement a réaffirmé son engagement à étendre ce type d’initiatives en faveur de l’économie bleue à l’ensemble des États membres de la région.

Source : Presse agence