Les coraux de Guadeloupe dans un état alarmant : 50 % de recouvrement en moins en trois ans
20 août 2025
20 août 2025
Les massifs coralliens de l’archipel guadeloupéen disparaissent à vue d’œil mettant tout l’écosystème marin en péril. Un reportage de Boris Courret publié par le Parc National de Guadeloupe sur YouTube, alerte sur cette situation dramatique. Le mauvais traitement des eaux usées, en particulier, est pointé du doigt.
Selon Claude Bouchon, professeur honoraire à l’Université des Antilles et membre du Conseil scientifique du Parc national de la Guadeloupe « entre 2022 et 2025, on a perdu à peu près 50 % du taux de recouvrement des fonds par les coraux en Guadeloupe ». Aujourd’hui, les taux frôlent les 5 à 6 %, des niveaux jugés « ridicules », même au sein des zones protégées du Parc national.
Au début du mois de juin, un club de plongée de Port-Louis a dénoncé la destruction de fonds marins par un yacht de luxe, preuves à l’appui. Ce navire aurait jeté l’ancre dans une zone protégée, causant des dommages majeurs. Simone Mège, chargée de mission milieux aquatiques au Parc national, confirme.
Les dégâts très visibles sont sur les massifs coralliens renversés et sur des éponges cratères, certaines centenaires, complètement pulvérisées.
Simone Mège, chargée de mission milieux aquatiques au Parc National de la Guadeloupe.
En cœur de parc, l’ancrage est pourtant strictement interdit, seuls des dispositifs d’amarrage (blancs pour les plaisanciers, roses pour les professionnels du tourisme) sont autorisés. Malgré ces règles, le non-respect des zones fragiles continue de mettre en péril des écosystèmes déjà fragilisés.
Les récifs coralliens subissent aussi la montée des températures marines.
Les coraux ne supportent pas les températures supérieures à 29°C. Cela provoque un stress, un blanchissement et parfois la mort.
Claude Bouchon, professeur honoraire à l’université des Antilles
Des campagnes de suivi et l’usage de thermographes révèlent une dégradation continue et alarmante.
À cela s’ajoutent des maladies coralliennes comme la perte de tissu. Mais la menace la plus pressante, selon le scientifique, reste la mauvaise qualité des eaux côtières. Les rejets d’eaux usées non traitées enrichissent l’environnement en nutriments, favorisant la prolifération des algues, véritables concurrentes des coraux : « Ces algues étouffent les coraux déjà affaiblis. »
Malgré la gravité de la situation, l’espoir demeure. Si la lutte contre le changement climatique nécessite une mobilisation globale, des actions locales peuvent faire la différence.
Les coraux vivant dans de mauvaises conditions écologiques sont stressés et moins résilients. Il faut améliorer la qualité des eaux côtières, notamment en traitant correctement les eaux usées.
Claude Bouchon, professeur honoraire à l’université des Antilles
Face à la perte accélérée de ces trésors sous-marins, la question n’est plus de savoir si l’on peut encore agir, mais quand.