« Qui contrôle la mer contrôle le monde » : une vérité géopolitique intemporelle
14 août 2025
14 août 2025
La célèbre maxime attribuée à l’amiral Alfred Thayer Mahan conserve aujourd’hui toute sa pertinence dans l’analyse des rapports de force internationaux. La maîtrise des mers n’est pas seulement une question militaire, elle est avant tout une clé essentielle pour comprendre la dynamique économique, politique et stratégique qui façonne le monde contemporain.
Plus de quatre cinquièmes des échanges commerciaux mondiaux transitent par voie maritime. Cette réalité confère aux routes maritimes, aux détroits, aux canaux et aux ports stratégiques une importance capitale. Ceux qui exercent un contrôle efficace sur ces axes clés détiennent un pouvoir considérable sur le commerce global, sur les flux d’énergie et sur la prospérité économique des nations.
Par ailleurs, les océans sont le théâtre de rivalités entre grandes puissances qui cherchent à protéger leurs intérêts, à projeter leur puissance et à imposer leurs règles. La puissance navale s’impose ainsi comme un instrument indispensable de souveraineté et d’influence.
La guerre au Yémen illustre parfaitement la dimension géopolitique des voies maritimes. Situé au carrefour stratégique du détroit de Bab el-Mandeb, ce pays est au cœur d’un conflit qui affecte directement la sécurité de l’une des routes maritimes les plus vitales au monde. La capacité à assurer la libre circulation dans cette zone est cruciale pour l’approvisionnement énergétique mondial et la stabilité économique.
À cela s’ajoute la question du canal de Suez, passage clé entre la mer Méditerranée et la mer Rouge, qui pourrait voir dans un avenir proche une forme de privatisation ou de gestion accrue par des acteurs privés. Cette éventualité suscite de nombreuses interrogations sur la souveraineté et la sécurisation de ce corridor essentiel.