Naissance en France d’un nouveau leader mondial du transport maritime suite à ce rachat du danois Danelec

GTT met le cap sur le numérique et devient le patron mondial de la performance maritime.

Suite au rachat du danois Danelec et de sa flotte de 17 000 navires connectés, le français GTT vient de changer de dimension.
Derrière cette opération à neuf chiffres, un objectif limpide : devenir l’acteur incontournable de la gestion des performances en mer et accélérer la décarbonation du transport maritime.

 

GTT valide l’acquisition du danois Danelec pour 194 millions d’euros

 

GTT (Gaztransport et Technigaz) vient de communiquer sur son acquisition de Danelec, société danoise, experte en collecte et analyse des données maritimes, pour la modique somme de 194 millions d’euros. Ce rachat va propulser GTT au sommet du marché mondial de la gestion de la performance des navires.

Avec cette transaction, la filiale numérique du groupe franchit une nouvelle étape : 17 000 navires seront désormais équipés de solutions issues de GTT via Danelec, Ascenz Marorka et VPS. Une constellation technologique qui permet de surveiller, en temps réel, les performances mécaniques, la consommation de carburant, et les paramètres environnementaux.

 

Des données, de la sécurité, et des économies

 

Fondée en 1995 à Farum, au Danemark, Danelec s’est d’abord imposée grâce à ses enregistreurs de données de voyage (VDR), surnommés “boîtes noires maritimes”. Ces dispositifs sont obligatoires à bord de nombreux navires et répondent aux normes strictes de l’Organisation Maritime Mondiale et de la convention SOLAS.

Avec 15 % de la flotte mondiale équipée de ses VDR, Danelec génère une part importante de revenus récurrents, ce qui assure à GTT une visibilité financière appréciable. De plus, la société danoise s’est lancée dans les logiciels de sécurité et d’optimisation des performances, un domaine en plein essor dans un contexte de réduction des émissions de CO₂.

 

Une rentabilité qui monte à bord dès la première année et une bonne nouvelle pour les actionnaires

 

Le rachat, loin d’être une simple “extension de portefeuille” s’appuie sur des fondamentaux financiers robustes. En 2023/2024, Danelec a réalisé un chiffre d’affaires de 44 millions d’euros pour un bénéfice avant intérêts et impôts de 25% soit 11 millions d’euros.

Selon les projections de GTT, l’opération aura un effet relutif immédiat sur le bénéfice net par action du groupe. Autrement dit, les actionnaires verront dès 2025 un impact positif sur leur rendement.

 

700 techniciens très qualifié pour Danelec dans le monde

 

Danelec, c’est aussi une présence opérationnelle mondiale. L’entreprise emploie 168 salariés, mais s’appuie surtout sur un réseau impressionnant de plus de 700 techniciens agréés. De quoi garantir une intervention rapide sur tous les continents, que le navire soit à quai à Rotterdam ou au mouillage à Singapour.

Cette dimension technique est un atout stratégique pour GTT, qui renforce ainsi sa capacité à offrir des services numériques à haute valeur ajoutée, avec un support client mondial et réactif.

 

La performance maritime entre dans l’ère de la donnée

 

Avec l’intégration de Danelec, GTT ne vend plus seulement des technologies embarquées pour le GNL. Il devient de fait, le leader mondial de solutions numériques capables d’analyser les comportements des navires en mer, détecter les surconsommations, prévenir les incidents mécaniques et réduire l’impact environnemental.

Les clients : armateurs, gestionnaires de flotte ou affréteurs; y gagnent un outil d’aide à la décision en temps réel. Résultat : moins de pannes, moins de CO₂, moins de fuel, et donc plus de compétitivité.

 

Un marché en plein boum et un cap clairement affiché

 

La digitalisation du transport maritime est l’un des segments les plus dynamiques du secteur naval. Face aux exigences croissantes de traçabilité environnementale, de réduction des émissions et d’optimisation économique, les armateurs cherchent des solutions clés en main.

GTT s’empare donc d’un créneau en pleine explosion, avec des perspectives d’innovation continue. L’opération sera finalisée au second semestre 2025, sous réserve de validation réglementaire. À terme, le groupe ambitionne de modéliser la performance maritime mondiale en temps réel, navire par navire.

Une ambition loin d’être fantaisiste quand on sait que 30 % des installations VDR annuelles sont déjà estampillées Danelec.

 

Existe-t-il des concurrents à GTT sur le marché de la numérisation du transport maritime ?

 

Sur le marché mondial, d’autres entreprises proposent des solutions similaires de digitalisation, d’optimisation des performances énergétiques, de maintenance prédictive et d’analyse de données pour la flotte maritime :

  • Wärtsilä (Finlande) : propose des plateformes numériques de gestion de flotte, d’optimisation de la consommation et de maintenance intelligente.
  • Kongsberg Digital (Norvège) : offre des solutions intégrées pour la surveillance, l’automatisation et la gestion énergétique des navires.
  • ABB Marine & Ports (Suisse/Finlande) : développe des systèmes de monitoring, d’optimisation énergétique et de maintenance à distance pour le secteur maritime.
  • DNV (Norvège) : leader du conseil et des logiciels pour la performance opérationnelle et la sécurité maritime, notamment via sa plateforme Veracity.
  • Marorka (Islande, désormais filiale de GTT via Ascenz Marorka) : spécialisée dans l’optimisation de la performance énergétique des navires, elle fait également partie de l’écosystème GTT.

En Asie, de grands chantiers navals comme Samsung Heavy Industries, Hyundai Heavy Industries ou Hudong-Zhonghua développent aussi leurs propres solutions numériques embarquées, souvent en partenariat avec des sociétés technologiques européennes ou américaines.

Source : Communiqué de presse de GTT