UNE MÉTHODE JAPONAISE INNOVANTE POURRAIT RÉVOLUTIONNER LA LUTTE CONTRE LES PFAS DANS L’ENVIRONNEMENT ! BIENTÔT DES SANCTIONS POUR LES INDUSTRIELS RESPONSABLES ?
17 juillet 2026
17 juillet 2026
Au Japon, des chercheurs ont mis au point une technique potentiellement révolutionnaire concernant les polluants éternels de type PFAS. L’innovation en question ne permet pas de les détruire directement mais de les traquer afin d’identifier leur origine exacte dans l’environnement. A quel niveau cette méthode pourrait changer la donne ?
Rappelons tout d’abord que les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sont considérés comme des « polluants éternels », en raison de leur ténacité dans l’environnement (et l’organisme). Possédant des liaisons carbone-fluor ultra-solides, ces PFAS se retrouvent dans divers objets du quotidien comme les poêles en teflon, certains emballages, les chaussures ou encore, les cosmétiques. Si les preuves des impacts sur la santé humaine sont faibles pour une grande majorité des PFAS, différents risques sont très souvent mentionnés : baisse de l’immunité, cancer du rein, retard de croissance fœtale et dyslipidémie.
A l’Institut de technologie de Shibaura (Japon), une équipe de chercheurs est à l’origine d’une avancée majeure et potentiellement révolutionnaire, comme en témoigne une publication dans la revue Environmental Science & Technology Letters en mars 2026. Selon les auteurs, la solution élaborée dans le cadre de ces travaux ne servira pas à détruire les PFAS. En revanche, celle-ci devrait permettre de les traquer dans l’environnement et identifier leur origine exacte.
Autrement dit, il s’agit de remonter jusqu’aux sources des pollutions, ce qui était n’était pas possible jusqu’à aujourd’hui. Habituellement, en cas de découverte de polluants éternels dans une rivière ou une nappe phréatique, identifier la source de la pollution est quasiment impossible. En effet, les molécules se diluent, se mélangent et circulent sur des kilomètres.
Les scientifiques nippons ont eu recours à la spectrométrie de masse – un appareil baptisé Orbitrap – afin de mesurer la signature isotopique du carbone de deux PFAS très communs, à savoir l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS) et l’acide perfluorooctanoïque (PFOA). L’appareil a permis de lire la signature isotopique sans passer par l’étape destructrice et complexe de la combustion, que l’on retrouvait dans la méthode habituelle – la spectrométrie IRMS. Les chercheurs ont testé la novelle méthode sur des échantillons d’eau de rivière contenant de très faibles concentrations de polluants. Or, l’Orbitrap a réussi à identifier précisément l’empreinte de la molécule.
Cet appareil permet donc de faciliter le processus et ce, tout en fournissant des mesures très fiables. En revanche, il est important de préciser que l’innovation ne règle absolument pas la problématique relative à la destruction des PFAS. En effet, la neutralisation chimique de ces liaisons carbone-fluor – les plus fortes de la chimie organique – reste encore à ce jour un imposant défi scientifique mobilisant un certain nombre de scientifiques aux quatre coins du monde.
« La contamination par les PFAS est devenue un grave problème environnemental à l’échelle mondiale, mais l’identification de leurs sources demeure complexe. Nous nous sommes intéressés à la possibilité d’utiliser la spectrométrie de masse à haute résolution, comme l’Orbitrap, pour l’analyse des isotopes stables afin de relever ce défi. », peut-on lire dans l’étude.
A terme, il est potentiellement question d’une démocratisation de cette innovation, dans le cadre d’une utilisation par les autorités. L’objectif ? Remonter plus facilement jusqu’aux sources de contamination au PFAS dans les rivières, les nappes phréatiques mais également, dans l’eau potable. Il devrait donc s’agir de sanctionner directement les industriels responsables de ces pollutions. Sur le plan scientifique, la méthode devrait également pouvoir permettre une meilleure compréhension de la diffusion des PFAS dans l’environnement.