Un robot disparu en Antarctique revient avec des données étonnantes.
8 janvier 2026
8 janvier 2026
Un robot océanique s’est « égaré » pendant 9 mois.
Un robot océanique envoyé pour collecter des données sur le glacier Totten en Antarctique a été dévié de sa trajectoire par les courants océaniques et a dérivé vers une zone reculée et inexplorée jusqu’alors.
Après avoir disparu pendant neuf mois, le robot est revenu avec un ensemble de données extrêmement rare et précieux, fournissant des informations cruciales sur le glacier Denman et l’impact du changement climatique.
Ce robot, conçu comme une bouée équipée de capteurs de salinité et de température, est capable de plonger en profondeur et de remonter à la surface tous les 10 jours pour transmettre des données à un satellite.
Au départ, les scientifiques du CSIRO l’ont utilisé pour étudier le glacier Totten, dans le but d’évaluer l’ampleur de la montée du niveau de la mer à l’échelle mondiale si le glacier fondait.
Ce problème est tellement préoccupant que l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a créé une carte interactive montrant les zones côtières menacées d’inondations permanentes.
Cependant, les courants océaniques ont entraîné le robot vers l’ouest, l’emportant profondément sous la glace du glacier Denman, un endroit extrêmement difficile à observer et à partir duquel collecter des données.
Bien que l’équipe de recherche ait craint que le robot ne soit perdu à jamais, il a refait surface après neuf mois, transportant une mine de données cruciales sur le glacier Denman et l’impact du changement climatique sur l’ensemble de l’Antarctique.
Résultats inattendus tirés des données
Tout au long de son périple « errant », le robot a navigué sous le glacier Denman et la barrière de glace Shackleton. Incapable de remonter à la surface pour transmettre des données, il a poursuivi sa mission de mesure de la salinité et de la température de l’eau depuis le fond marin jusqu’à la base de la barrière de glace.
À chaque fois que le robot entre en collision avec la banquise en tentant de remonter à la surface, il enregistre la profondeur de celle-ci.
Grâce à cette découverte fortuite, l’équipe de recherche a pu comparer les données de profondeur de la plateforme de glace avec les mesures satellitaires, reconstituant ainsi la trajectoire du robot et localisant précisément 195 enregistrements de données de salinité et de température.
Les données indiquent que la barrière de glace Shackleton n’est actuellement pas menacée de fonte par le réchauffement des eaux. En revanche, la présence d’eau chaude sous le glacier Denman provoque sa fonte.
Ce glacier à lui seul pourrait entraîner une hausse du niveau des mers de près de 1,5 mètre. Il est crucial d’identifier ces zones à risque, d’autant plus que nous semblons avoir franchi un point de non-retour concernant certains des dommages causés par le changement climatique.
Importance pour la science future
L’« égarement » du robot s’est avéré être une aubaine pour l’équipe de recherche. Il s’agissait de la première série de mesures océanographiques réalisées sous la barrière de glace de l’Antarctique oriental, fournissant des données cruciales sur la région et la menace qui pèse sur le glacier Denman.
Le succès du robot, qui a survécu sous la glace et collecté de précieuses données, a ouvert de nouvelles perspectives aux scientifiques. Ces derniers envisagent d’envoyer d’autres robots similaires dans des régions reculées, dans l’espoir de recueillir des données rares, malgré les risques encourus.
Ces données pourraient s’avérer cruciales pour surveiller la fonte des glaciers et établir des prévisions plus précises sur la montée du niveau de la mer.
Le fait que des robots effectuent des mesures spécifiques dans la région orientale de l’Antarctique a également des implications importantes pour les recherches futures. Cette zone contient plus de glace que l’Antarctique occidental ; par conséquent, la fonte des glaciers y représente une menace plus importante pour les littoraux.
Les données recueillies par le robot pourraient également permettre de mieux comprendre si l’Antarctique émerge de l’océan et quelles seraient les conséquences pour la planète.
Cette étude, intitulée « Circulation et interaction océaniques sous les plateformes de glace Denman et Shackleton », qui sera publiée dans ScienceAdvances en décembre 2025, promet d’être une référence précieuse pour d’autres recherches en Antarctique.