« Spectaculaires » : de rares « cercles de fées » d’herbiers marins filmés au large de l’Ecosse
29 janvier 2026
29 janvier 2026
C’est un phénomène extrêmement rare qui n’avait jamais été filmé dans les eaux écossaises : des agents de la NatureScot ont repéré des « cercles de fées » formés par des herbiers marins.
C’est un spectacle rare qui s’est offert aux yeux des agents de la NatureScot, l’agence pour la nature écossaise. Au large des îles des Hébrides extérieures, des « cercles de fées » d’herbiers marins se sont formés. Dans un communiqué, l’agence explique que de telles formations sont très rarement observées. L’équipe en a profité pour capter quelques images.
« À notre connaissance, il s’agit de la première vidéo de cercles de fées formés par les herbiers marins dans les eaux écossaises, explique dans un communiqué publié le 20 janvier 2026 Sarah Cunningham, responsable des aires marines protégées et de la restauration du milieu marin chez NatureScot. Notre équipe de surveillance marine les appelle des donuts d’herbiers marins, mais quel que soit leur nom, ils sont spectaculaires. Nous étions ravis de les apercevoir et d’avoir pu réaliser de superbes images aériennes !«
Ces cercles, constitués de regroupements de plantes à fleurs (les herbiers marins ne sont pas des algues), conservent toujours leur part de mystère. En effet, « les scientifiques ignorent comment ils se forment« , précise le communiqué. Ce qui est aussi le cas des « cercles de fées » qui se forment sur la terre ferme. Un terme qui qualifie dans ce cas des ensembles réguliers de disques de terre nue de plusieurs mètres de diamètre qui persistent des années au milieu d’étendues herbeuses.
Si les herbiers marins étaient auparavant communs en Ecosse, ce n’est désormais plus le cas. En parallèle de la publication de sa vidéo sur les cercles de fées, NatureScot a publié un rapport nommé « Bilan du déclin des herbiers marins écossais« . Il souligne la perte de ces précieux habitats pour la faune et la flore, au cours des 20e et 21e siècles.
Plusieurs causes expliquent ce déclin. Déjà, dans les années 1930, une épidémie a causé une importante perte d’herbiers marins. Encore aujourd’hui, certaines zones touchées ne se sont pas rétablies, comme au niveau de l’archipel des Shetland. Mais ce n’est pas tout : les activités humaines ont également amené leurs lots de perturbations. NatureScot évoque notamment « la pollution et la mauvaise qualité de l’eau, en particulier à proximité des villes, le développement côtier, comme la construction de digues et les dommages mécaniques causés par le dragage des coquilles Saint-Jacques« .
Cependant, le rapport souligne également que lorsque les menaces sont contenues et que la qualité de l’eau s’améliore, les herbiers marins peuvent se rétablir. Une bonne nouvelle observée notamment au Loch Ryan, au golfe de Solway, dans le bassin de Montrose ou encore dans l’estuaire de Forth.
Et ce rétablissement bénéficie largement à l’humanité. En effet, Sarah Cunningham rappelle que les feuilles et les racines des herbiers marins absorbent le carbone, « contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique« . A noter aussi que ces prairies sous-marines peuvent « améliorer la qualité de l’eau, réduire la contamination des produits de la mer et constituer une première ligne de défense côtière en atténuant l’énergie des vagues, protégeant ainsi les populations des risques croissants d’inondations et de tempêtes« .