Pourquoi les compagnies maritimes ne sont pas pressées de réemprunter le canal de Suez

 
L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas laisse présager une reprise massive du trafic par le canal égyptien, pris pour cible depuis fin 2023 par les rebelles houthistes au large du Yémen. Mais la réutilisation d’une route plus courte entre l’océan Indien et la Méditerranée augmenterait la capacité dans un contexte de demande atone.

Le 19 décembre 2025, le porte-conteneurs Sebarok du groupe danois Maersk a franchi le canal de Suez, qui relie la mer Méditerranée à la mer Rouge et par extension à l’océan Indien. Pour le deuxième armateur mondial, il s’agissait d’une première depuis décembre 2023, quand il a cessé, comme les grandes compagnies maritimes, d’utiliser ce passage stratégique, en raison des attaques des rebelles houthistes du Yémen contre les navires occidentaux empruntant le détroit de Bab Al-Mandab, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien, pour s’en prendre, selon eux, aux alliés d’Israël et apporter leur soutien aux Palestiniens.

Le cessez-le-feu entre les rebelles yéménites et les Etats-Unis, en mai 2025, et plus encore celui entre Israël et le Hamas, en octobre 2025, laissaient présager une reprise massive du trafic là où transitaient, en temps normal, plus de 10 % des marchandises mondiales. Les armateurs auraient a priori toutes les raisons de reprendre au plus vite la route la plus directe entre les usines asiatiques, la Méditerranée et l’Europe. Se passer du raccourci percé par Ferdinand de Lesseps (1805-1894) au XIXe siècle impose aux navires de passer par le cap de Bonne-Espérance, au large de l’Afrique du Sud, un détour qui rallonge les trajets de onze jours. Pourtant, les armateurs se montrent prudents, voire frileux, à l’idée.

Source : Le Monde