Pollution plastique : un diplomate chilien chargé de relancer les négociations onusiennes
13 février 2026
13 février 2026
Réunis à Genève, les représentants de 156 pays ont désigné le diplomate chilien Julio Cordano pour reprendre la main sur des discussions bloquées depuis deux ans autour d’un futur traité mondial contre la pollution plastique, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies.
Après deux cycles de négociations infructueux et des divisions profondes entre États producteurs et pays demandeurs de mesures contraignantes, la diplomatie climatique mondiale cherche une nouvelle méthode pour sortir de l’impasse sur l’un des dossiers environnementaux les plus explosifs du moment, le traité mondial contre la pollution plastique.
Ancien négociateur en chef du Chili lors d’un sommet climat de l’ONU, Julio Cordano a été choisi samedi après de longues tractations, devançant des candidats soutenus par le Sénégal et le Pakistan.
« La pollution par le plastique est un problème planétaire qui nous concerne tous », a-t-il déclaré après son élection, appelant à une action collective rapide. « Si nous n’agissons pas de manière concertée, cela s’aggravera bien plus dans les décennies à venir. On a donc d’urgence besoin d’un traité ».
Le diplomate plaide pour une méthode de travail « plus efficace », fondée sur la « flexibilité » et le « pragmatisme », afin de rapprocher des positions jusqu’ici irréconciliables.
Plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont la moitié destinée à des produits à usage unique. Des microplastiques ont été détectés aussi bien sur des sommets montagneux que dans les fosses océaniques les plus profondes.
Un large groupe d’États plaide pour des mesures structurelles, incluant une réduction de la production mondiale, tandis que certains pays producteurs d’hydrocarbures privilégient une approche centrée sur la gestion des déchets – un point sensible pour de nombreuses petites nations insulaires déjà submergées par les plastiques.
Une résolution adoptée en mars 2022 avait lancé officiellement les travaux vers un instrument juridiquement contraignant. Mais les discussions menées en 2024 à Busan se sont soldées par un échec, tout comme la reprise des pourparlers à Genève l’été dernier. Le précédent chef négociateur, l’Équatorien Luis Vayas Valdivieso, avait fini par démissionner en octobre.
L’annonce de samedi a suscité des réactions contrastées parmi les organisations non gouvernementales. À la Fondation Tara Océan, Henri Bourgeois-Costa estime que le vote « confirme que les pays opposés au traité sont très minoritaires ».
Le directeur exécutif du réseau IPEN, Bjorn Beeler, se veut plus offensif : « La voie est désormais libre pour s’attaquer à la crise mondiale des plastiques qui empoisonne notre planète et nos corps ». À l’inverse, la Fondation Gallifrey alerte sur des manœuvres dilatoires de certains États producteurs. Sa porte-parole, Laurianne Trimoulla, accuse ces pays de « retarder ou saboter » les discussions.