Montée des eaux, face à l’amer

Avec la fonte des glaces terrestres et la dilatation des eaux, le niveau des océans ne cesse inéluctablement de grimper. Submersions, érosion des côtes, pertes économiques, déplacements de populations et dégradation durable des écosystèmes côtiers… Comment se protéger de la montée des eaux ?

Avec
  • Marina Lévyocéanographe, conseillère pour l’Océan auprès de la présidence de l’IRD
  • Gonéri Le Cozannetchercheur au Bureau de recherches géologiques et minières, co-auteur du sixième rapport du GIEC

Les océans ont absorbé une quantité record d’énergie en 2025, selon une étude publiée le 9 janvier 2026. Un phénomène propice à l’élévation du niveau de la mer, aux tempêtes violentes et au dépérissement des coraux.

 

Les mécanismes de l’élévation du niveau des mers

 

L’élévation du niveau des mers est d’abord une conséquence directe du réchauffement climatique. Elle résulte principalement de deux mécanismes : la dilatation thermique de l’eau de mer, qui augmente de volume en se réchauffant, et la fonte des glaces continentales, glaciers et calottes polaires, qui ajoute de l’eau aux océans.

Le niveau moyen des mers a déjà augmenté de plus de 20 cm depuis un siècle, avec une accélération marquée depuis les années 1990. Les mesures satellitaires montrent une hausse désormais supérieure à 3 mm par an. Cette tendance confirme que la montée des eaux n’est plus un scénario futur, mais un phénomène en cours.

D’ici à 2050, le niveau de la mer devrait s’élever de 10 à 25 cm supplémentaires, que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites ou non.

 

Des impacts inégaux selon les régions

 

La montée du niveau marin varie fortement d’une région à l’autre, sous l’effet des courants, des vents et des mouvements du sol. Certaines zones côtières, notamment les deltas et les îles basses, sont particulièrement exposées. Là où les terres s’affaissent, les impacts sont amplifiés.

 

S’adapter et limiter le réchauffement

 

L’élévation des mers accroît les submersions, l’érosion des littoraux et l’intrusion d’eau salée dans les sols et les nappes. Elle menace les habitats côtiers, les infrastructures et l’agriculture, tout en fragilisant des écosystèmes clés comme les mangroves et les récifs, essentiels à la biodiversité et à la protection des côtes.

Même avec une réduction rapide des émissions, la montée des eaux se poursuivra pendant des siècles. Les sociétés doivent donc agir sur deux fronts : limiter le réchauffement pour contenir l’ampleur du phénomène, et s’adapter en repensant l’aménagement du littoral, entre protections, transformations et relocalisations nécessaires.

Source : Radio France