La pollution plastique menace la vie marine dans l’océan Indien
8 janvier 2026
8 janvier 2026
Une étude concernant la pollution plastique dans l’océan Indien, publiée en septembre 2025, confirme la présence massive de déchets. Toutes les strates océaniques sont touchées. La biodiversité est menacée à l’image des tortues caouannes. Les biologistes ont trouvé du plastique dans les estomacs de 202 reptiles, sur les 266 étudiés.
Université de La Réunion est impliquée dans l’étude et la sauvegarde de l’océan Indien. Margot Thibault, biologiste marine et chercheuse, a présenté ses travaux lors d’une conférence consacrée à la préservation de l’océan Indien. Ce travail réalisé avec les spécialistes des pays membres de la Western Indian Ocean Marine Science Association (WIOMSA).
L’universitaire réunionnaise a mis en « évidence l’impact de cette pollution sur la faune marine, en utilisant les tortues caouannes (Caretta Caretta) comme bio-indicateurs », écrit L’Express de Maurice.
Cette étude, publiée en septembre 2025 sur le site sciencedirect.com, s’intitule : « Le contenu intestinal des tortues caouannes (caretta caretta) reflète-t-il les types, les couleurs et les sources de pollution plastique dans le sud-ouest de l’océan Indien ? ».
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Malheureusement, la réponse est : oui ! L’étude réalisée entre 2007 et 2021 sur le contenu de l’estomac de 266 tortues caouannes, capturées accidentellement dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, révèle que 202 reptiles avaient ingéré des plastiques « durs » et « blancs », explique la chercheuse.
L’une des raisons de cette pollution dans l’océan Indien vient de la difficulté d’accéder à de l’eau potable précise Margot Thibault : « Cela entraîne une production massive de bouteilles en plastique, mais un déséquilibre perdure entre leur importation, leur fabrication, leur distribution et leur gestion. Comme cette gestion n’est pas uniforme, ces bouteilles finissent dans l’environnement, dans l’océan, et même à l’intérieur des tortues que j’ai étudiées ».
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La pollution plastic concerne toutes les mers, fleuves, rivières et océans. Afin de sensibiliser les populations à ce risque majeur pour la biodiversité et en bout de chaîne l’homme, le navire Plastic Odissey sillonne le globe pour rendre compte de l’urgence et partager les solutions trouvées à l’œuvre, ici ou là.
Lors de son passage dans l’océan Indien la chercheuse a profité du navire pour observer l’accumulation de déchets plastique dans un vortex (tourbillon dû à des courants marins) : « J’ai observé un « garbage patch » qui est situé au sud de Rodrigues et en face de Durban à latitude 33 degrés Sud ». La scientifique précise que cette accumulation de déchets n’est pas comparable au continent de plastique observé dans l’océan Pacifique, mais elle est supérieure que celle découverte dans l’Atlantique.
Il y a donc urgence. La chercheuse souhaite renforcer la coopération inter-îles pour améliorer la récupération et le recyclage des déchets. Dans le même temps, elle invite tous les acteurs à œuvrer pour améliorer l’accès à l’eau potable.