Greenpeace MENA relance le débat sur les plastiques à usage unique après l’ouverture de l’usine Plasticpack Morocco à Sidi Bou Othmane

 

Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Greenpeace MENA), qui mène dans la région une campagne contre la pollution plastique, a appelé les autorités à renoncer aux investissements dans les plastiques à usage unique après l’ouverture d’une usine de Plasticpack Morocco à Sidi Bou Othmane, selon un communiqué publié par l’organisation.

Farah Al Hattab, responsable de la campagne sur le plastique chez Greenpeace MENA, a reconnu que la création d’emplois, l’essor de l’industrie locale et le soutien à l’économie nationale constituaient des objectifs importants mais a estimé qu’ils devaient «aller de pair avec la protection de l’environnement et la préservation de la santé des populations». Elle a demandé que les nouveaux investissements privilégient des solutions durables plutôt qu’une dépendance accrue à un matériau qui, selon elle, «finit souvent dans la nature, sur les littoraux et dans nos organismes».

L’organisation a invité les autorités marocaines à rejoindre les efforts internationaux contre la pollution plastique et à écarter les investissements consacrés aux produits jetables. Farah Al Hattab a jugé que la réponse devait passer par «l’interdiction de ces plastiques» et par des systèmes de «réutilisation et de recharge», en cohérence avec la stratégie climatique du Maroc et l’essor national des énergies renouvelables.

L’organisation estime à 75 000 tonnes par an les déchets plastiques atteignant la mer et à 26 millions de dollars les pertes pour l’économie bleue

Greenpeace MENA a aussi demandé au gouvernement et aux industriels de soumettre tout agrandissement industriel à des objectifs mesurables de réduction des déchets. L’organisation a défendu une économie circulaire qui privilégie la baisse de la production de plastiques à usage unique, a réclamé des règles de responsabilité élargie des producteurs couvrant «l’ensemble du cycle de vie de leurs produits» et a plaidé pour que Rabat soutienne un traité mondial «fort et juridiquement contraignant» sur les plastiques.

Selon des estimations reprises par Greenpeace MENA, environ 75 000 tonnes de déchets plastiques atteindraient chaque année le milieu marin au Maroc. La majeure partie gagnerait l’océan Atlantique, en raison de la densité démographique et de la concentration industrielle autour de Casablanca et de Kénitra, précise le communiqué.

Les pertes imputées à cette pollution pour l’économie bleue marocaine atteindraient près de 26 millions de dollars par an, selon les mêmes estimations. Ce montant engloberait des revenus perdus, des frais de nettoyage et des dommages environnementaux dans la pêche, le tourisme et le transport maritime. Dans sa réaction à l’ouverture de l’usine, l’ONG a demandé que les choix industriels soient évalués au regard de leurs effets à long terme sur la santé publique, les écosystèmes et les communautés locales, et non sur le seul critère de l’investissement.

Source : Barlamane