Appel à communications : Impacts des solutions basées sur la nature (NbS) et des solutions basées sur la culture (CBS) sur la santé et la résilience climatique dans la région méditerranéenne

 

En 1976, les pays méditerranéens et la Communauté européenne ont adopté la Convention de Barcelone pour protéger l’environnement marin et côtier, plaçant la durabilité au cœur de la coopération régionale. Créé en 1977 par la France, le Plan Bleu est l’un des Centres d’Activité Régionaux du Programme des Nations Unies pour l’environnement / Plan d’action méditerranéen (PNUE/PNUE), opérant dans le cadre de la Convention de Barcelone pour la protection de l’environnement marin et de la région côtière de la Méditerranée. Plan Bleu soutient les pays méditerranéens dans la promotion du développement durable à travers des études de prospective, des recherches orientées vers les politiques, la création de scénarios et des recommandations stratégiques abordant les principaux défis environnementaux, sociaux et économiques à travers la région.

Dans le cadre de sa mission de promouvoir l’élaboration de politiques fondées sur des preuves et la coopération régionale, Plan Bleu lance régulièrement des appels à communications sur les questions clés de durabilité affectant la Méditerranée. Ces initiatives visent à favoriser la pensée innovante, à renforcer le dialogue scientifique et politique, et à soutenir le développement de solutions concrètes adaptées au contexte méditerranéen.

Cet appel à communications se concentre sur le rôle des Solutions basées sur la nature (NbS) et des Solutions basées sur la culture (CBS) dans l’amélioration de la santé humaine et le renforcement de la résilience climatique à travers les territoires méditerranéens. Elle cherche à mobiliser les chercheurs, praticiens et experts œuvrant à l’intersection de l’adaptation au climat, de la santé publique, de l’urbanisme et de la planification territoriale, de la restauration des écosystèmes et de la gouvernance environnementale.

Un total de 11 articles seront sélectionnés et soutenus financièrement dans le cadre de cet appel (dont 2 spécifiquement dédiés au financement des NbS et CBS urbains via des mécanismes de financement mixte).

 

INTRODUCTION

 

La région méditerranéenne est reconnue comme l’un des points chauds climatiques les plus vulnérables au monde, se réchauffant 20 % plus rapidement que le reste du monde. La hausse des températures, les sécheresses prolongées, les événements météorologiques extrêmes accumulés, les crues soudaines, la rareté de l’eau, la dégradation de la biodiversité, les incendies de forêt et la pression urbaine croissante affectent déjà les écosystèmes, les économies et le bien-être humain dans tout le bassin (GIEC, 2022).

Cette vulnérabilité est profondément liée à la dynamique démographique de la région : les taux d’urbanisation en Méditerranée dépassent la moyenne mondiale, avec près de 150 millions de personnes représentant les deux tiers de la population côtière totale vivant actuellement dans des centres urbains côtiers en pleine croissance. Les métropoles côtières en forte croissance sur la rive sud, comme Alexandria, qui compte 6,5 millions d’habitants et a vu son expansion urbaine non régulée grimper de près de 47 % au cours des deux dernières décennies, illustrent parfaitement ces risques démographiques et environnementaux croissants. Les villes méditerranéennes sont donc particulièrement vulnérables en raison de leur forte densité de population, de leur compacité et de leur vieillissement de la population. Ces impacts devraient s’intensifier au cours des décennies à venir, avec des conséquences disproportionnées pour les populations vulnérables, les zones côtières menacées par la montée du niveau de la mer et l’érosion côtière, ainsi que pour les zones urbaines densément peuplées. En particulier, l’effet d’îlot de chaleur urbain (UHI) présente de graves risques pour la santé, aggravant la mortalité et la morbidité liées à la chaleur lors de vagues de chaleur et de vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Des évaluations récentes de l’impact sanitaire dans les villes européennes et méditerranéennes montrent que le réchauffement urbain augmente significativement les décès évitables durant l’été, et que l’augmentation de la canopée arborée urbaine et des infrastructures bleu-vert (BGI) pourrait considérablement refroidir les environnements urbains et prévenir la mortalité prématurée.

Parallèlement, de plus en plus de preuves démontrent que les Solutions basées sur la nature (NbS) peuvent jouer un rôle important dans la résolution des défis interconnectés liés à l’environnement, au climat et à la santé publique. Les NBS sont des interventions systémiques et efficaces en ressources qui protègent, restaurent, gèrent de manière durable et améliorent les écosystèmes naturels et modifiés tout en générant simultanément des bénéfices sociaux, économiques et environnementaux multifonctionnels (Cohen-Shacham et al., 2016). Ces solutions sont très rentables comparées aux infrastructures traditionnelles d’ingénierie (grises), offrant une approche systémique de l’adaptation urbaine qui intègre les processus naturels dans l’environnement bâti à différentes échelles (des enveloppes des bâtiments aux paysages régionaux). Les NBS sont de plus en plus reconnues comme des approches efficaces pour l’adaptation climatique et la résilience urbaine, tout en soutenant la biodiversité et le bien-être humain.

De plus, parallèlement aux NbS, l’architecture urbaine et les Solutions Culturelles (CBS) doivent être intégrées afin d’offrir une adaptation climatique globale et culturellement adaptée. C’est particulièrement crucial sur la rive sud de la Méditerranée, où la chaleur extrême, les sécheresses prolongées et la rareté de l’eau affectent de manière significative la croissance de la végétation et la viabilité des infrastructures purement vertes. Ici, l’intégration des connaissances écologiques traditionnelles (TEK) et de l’architecture vernaculaire est cruciale pour garantir la viabilité des infrastructures vertes.

Plus précisément, dans les contextes urbains et territoriaux, les NbS incluent des interventions telles que les forêts urbaines, la restauration des zones humides, les toitures végétalisées, les surfaces perméables, les bioswales, la restauration des écosystèmes côtiers, l’agriculture urbaine, les corridors verts et les systèmes d’infrastructures bleu-vert. Ces approches peuvent contribuer à l’adaptation et à l’atténuation climatique tout en améliorant la qualité de l’air, en réduisant les effets des îlots de chaleur urbains, en renforçant la biodiversité, en améliorant la santé mentale et physique, en soutenant la cohésion sociale et en augmentant la résilience face aux risques liés au climat (Kabisch et al., 2016 ; Frantzeskaki, 2019).

Des recherches récentes soulignent que les NbS génèrent de multiples co-bénéfices qui vont au-delà de la seule performance environnementale. Ils peuvent favoriser l’inclusion sociale, améliorer les espaces publics, soutenir le bien-être des communautés, renforcer la gouvernance locale et contribuer à des territoires plus résilients et habitables (Frantzeskaki, 2019 ; Kabisch et al., 2017). Cependant, malgré une attention politique croissante et une mise en œuvre croissante dans les villes et régions méditerranéennes, d’importantes lacunes de connaissances subsistent concernant :

  1. les impacts à long terme sur la santé et la résilience biopsychosociale des NbS ;
  2. des méthodologies pour évaluer les synergies et les compromis entre les cobénéfices en atténuation et adaptation climatique ;
  3. la gouvernance, les mécanismes de financement et les analyses comparatives coûts-bénéfices par rapport aux infrastructures grises ;
  4. les dimensions d’équité sociale, de justice environnementale et d’accessibilité ;
  5. entretien à long terme, exigences d’irrigation dans les climats secs et surveillance;
  6. la scalabilité des interventions réussies dans divers contextes méditerranéens.

De plus, les territoires méditerranéens présentent des conditions climatiques, écologiques, socio-économiques et institutionnelles très différenciées, allant des zones arides et semi-arides aux villes côtières, régions montagneuses, zones humides, îles et systèmes deltaïques. Cette diversité fait de la région un laboratoire particulièrement pertinent pour étudier comment le NbS peut soutenir la résilience climatique et la santé publique dans des conditions environnementales et de gouvernance variables. Des études récentes soulignent également l’importance de la gouvernance participative, des perceptions sociales et des dimensions d’équité dans la mise en œuvre de la NbS dans les contextes urbains méditerranéens (Noblega-Carriquiry et al., 2023 ; Johnson et al., 2022).

Dans ce contexte, Plan Bleu lance cet appel à documents pour encourager des recherches rigoureuses, pertinentes pour les politiques politiques et interdisciplinaires, explorant le rôle des solutions basées sur la nature et des solutions basées sur la culture dans la promotion de sociétés méditerranéennes plus saines et plus résilientes face au climat.

 

OBJECTIFS DE L’APPEL

 

L’objectif de cet appel à documents est de soutenir des recherches de haute qualité et des analyses politiques examinant comment les solutions basées sur la nature et les solutions basées sur la culture peuvent contribuer à améliorer les résultats sanitaires et à renforcer la résilience climatique dans les villes méditerranéennes. Une priorité clé de cet appel est de combler les lacunes actuelles des connaissances géographiques en encourageant fortement la recherche axée sur les côtes sud et orientale de la Méditerranée, ainsi que des analyses comparatives interrégionales (par exemple, perspectives Nord-Sud ou Est-Ouest) afin d’assurer une compréhension globale à l’échelle du bassin.

Ces documents sélectionnés s’intégreront directement à une initiative plus large du Plan Bleu, qui comprend :

  • Un volume édité Plan Bleu/PNUE/MAP rassemblant les connaissances produites sur l’impact des infrastructures vertes urbaines (NbS) et de l’architecture urbaine (CBS) sur la santé et la résilience climatique des villes méditerranéennes.
  • Un atelier régional en ligne pour présenter et discuter de l’étude technique avec des experts nationaux, et explorer des stratégies possibles pour mettre en œuvre des infrastructures urbaines vertes résilientes au climat et favorisant la santé.

Plus précisément, l’appel vise à 1. Identifier et évaluer les co-bénéfices pour la santé, l’environnement, le social et l’économie des NbS ; 2. Analyser comment les NbS contribuent à l’adaptation et à la résilience climatiques ; 3. Explorer les défis de gouvernance, de financement et de mise en œuvre ; 4. Documenter les pratiques réussies et les leçons tirées dans les contextes méditerranéens ; 5. Soutenir l’élaboration de politiques fondées sur des preuves et la planification territoriale ; 6. Favoriser le dialogue régional et l’échange de connaissances entre chercheurs, praticiens et décideurs.

 

PRIORITÉS THÉMATIQUES

 

Cet appel à communications invite les chercheurs à explorer de nouvelles approches et idées. Tous les documents doivent présenter des analyses fondées sur des preuves et proposer des recommandations politiques pragmatiques. Les communications aux axes variés sont les bienvenues, notamment des analyses régionales (multi-pays), des perspectives comparatives et des études de cas locales. Les soumissions peuvent aborder, sans s’y limiter, les domaines thématiques suivants :

 

1. Solutions basées sur la nature et santé publique

Les avantages de la Sclérie Noble et son impact sur la santé sont de plus en plus appréciés dans nos sociétés, notamment dans les adaptations urbaines avec le verdissement des rues et des parcs ; où ces changements entraînent une amélioration de la santé des citoyens (Castelo et al., 2023).

Pour cette raison, des articles peuvent explorer les impacts de la NbS sur la santé physique et mentale ; réduction du stress thermique et atténuation de l’effet d’îlot de chaleur urbain (UHI), amélioration de la qualité de l’air (par exemple, par l’absorption de particules en suspension comme PM10, PM2.5, NO2 et SO2) qui aggravent les maladies respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que l’accès aux espaces verts et bleus pour les personnes. Nous encourageons vivement les articles explorant comment le contact avec la nature construit la « résilience biopsychosociale » (capacités biologiques, psychologiques et sociales adaptatives) pour aider les individus à faire face aux facteurs environnementaux aigus et chroniques. Les articles évaluant le confort thermique dynamique à l’aide de métriques spatiales à haute résolution, telles que la température équivalente physiologique (PET), dans des environnements urbains denses sont particulièrement encouragés à démontrer les bienfaits directs pour la santé du NbS.

 

2. Solutions fondées sur la nature et résilience climatique

Les contributions dans ce domaine thématique pourraient explorer comment la NbS peut renforcer l’adaptation et la résilience climatiques dans les villes méditerranéennes confrontées à des pressions environnementales et climatiques croissantes. Les articles peuvent examiner le rôle de la NbS dans la lutte contre la chaleur extrêmeles sécheresses et la pénurie d’eaules inondations et la gestion des eaux pluviales (y compris les systèmes de drainage durable (SuDS), les trottoirs perméables et les concepts de « ville éponge »), les incendies de forêt, la dégradation de la biodiversité, ainsi que d’autres risques liés au climat affectant les zones urbaines, côtières et périurbaines. La recherche devrait donc également envisager la restauration des écosystèmes côtiers (par exemple, marais salés, zones humides et dunes) pour atténuer les vagues et protéger contre la montée du niveau de la mer.

Les perspectives comparatives sur l’efficacité de la NbS dans divers contextes méditerranéens sont particulièrement encouragées. De la même manière, la recherche sur les « NbS hybrides » combinant des éléments ingéniers (gris) et naturels (verts), ainsi que des interventions à l’échelle d’un bâtiment (par exemple, toitures végétalisées et murs vivants) pour des zones densément urbanisées, est très pertinente.

Les soumissions peuvent également analyser comment les NbS contribuent à réduire la vulnérabilité, à améliorer les services écosystémiques, à renforcer la capacité d’adaptation et à soutenir la résilience territoriale à long terme dans des conditions climatiques changeantes. Les perspectives comparatives, les approches intégrées et les évaluations fondées sur des preuves de l’efficacité des NbS dans divers contextes méditerranéens sont particulièrement encouragées.

 

3. Gouvernance, participation et équité sociale

Ce domaine thématique se concentre sur les dimensions de gouvernance, sociales et institutionnelles des Solutions basées sur la nature (NBS), avec une attention particulière à la participation, à l’inclusivité et à l’équité dans les contextes méditerranéens. Les contributions peuvent examiner comment les cadres de gouvernance, les arrangements institutionnels et les processus participatifs influencent la planification, la mise en œuvre, la gestion et la durabilité à long terme des initiatives NbS.

De nos jours, en raison des complexités territoriales, sociales et écologiques de la région méditerranéenne, il est essentiel de traiter la gouvernance des NbS par des approches transdisciplinaires et des modèles de gouvernance « mosaïque ». C’est pourquoi il est essentiel d’aborder la gouvernance des solutions fondées sur la nature sous un angle interdisciplinaire, impliquant conjointement citoyens, scientifiques et points décisionnels (Dell’Ovo et al., 2025).

Les communications peuvent donc explorer des modèles de gouvernance participative, des processus d’engagement communautaire et de co-création, les mécanismes de coordination institutionnelle et les approches de gouvernance multi-niveaux soutenant l’adaptation climatique et le développement territorial résilient. Les contributions visant à la justice environnementale, à l’inclusion sociale, à l’accessibilité aux infrastructures vertes et bleues, ainsi qu’aux inégalités dans la répartition des bénéfices et risques environnementaux sont particulièrement encouragées. Les soumissions doivent aborder les risques de spéculation foncièrede greenwashing et de « gentrification verte », afin de garantir que les NbS ne conduisent pas à des dépossessions favorisées par la nature pour les communautés vulnérables. De plus, le rôle des « laboratoires de vie urbaine » et des approches transdisciplinaires pour co-créer et co-surveiller des solutions avec les citoyens devrait être mis en avant comme un outil de gestion inclusive.

Les soumissions peuvent également analyser les perceptions sociales, l’acceptation et l’appropriation des NbS par les communautés locales et les parties prenantes, y compris le rôle des facteurs culturels, socio-économiques et territoriaux dans la formation du soutien et de la participation du public. Un intérêt particulier sera accordé aux études examinant comment la NbS peut contribuer à des villes méditerranéennes plus équitables, inclusives et socialement résilientes.

 

4. Méthodes d’évaluation, indicateurs et suivi

Les contributions peuvent porter sur des méthodologies d’évaluation des impacts sanitaires et climatiques liés aux cadres de NBS et de surveillance, sur l’évaluation des services écosystémiques, l’analyse coûts-bénéfices ou l’analyse spatiale et basée sur les SIG. Les évaluations intégrant la modélisation microclimatique spatialement explicite (par exemple, ENVI-met), des évaluations quantitatives d’impact sur la santé (HIA), et des analyses coûts-bénéfices holistiques (CBA) ou évaluations du cycle de vie (LCA) démontrant la viabilité économique de la NbS par rapport aux technologies grises conventionnelles sont fortement encouragées. Il est crucial de réaliser des études longitudinales qui surveillent les NbS sur de longues périodes, en tenant compte des variations saisonnières, des effets du vieillissement et de la dynamique de la végétation à long terme.

 

5. Études de cas méditerranéennes et perspectives comparatives

Les soumissions peuvent inclure des études de cas locales ou régionales dans la région méditerranéenne, des analyses comparatives entre pays, villes, villages ou communautés, reliant les contextes urbain, côtier, rural, montagneux ou insulaires. De plus, les soumissions pourraient inclure des leçons transférables et des meilleures pratiques ; et de préférence il devrait s’agir d’initiatives de coopération interméditerranéennes. Nous encourageons particulièrement les études de cas situées sur la rive sud de la Méditerranée, où le changement climatique et l’aridité affectent significativement la végétation, en explorant l’impact de la combinaison des infrastructures vertes urbaines (NbS) avec l’architecture urbaine (Solutions basées sur la culture – CbS). Cela inclut spécifiquement l’étude de l’intégration des connaissances écologiques traditionnelles et du « design biophile » présent dans l’architecture vernaculaire méditerranéenne (telles que les Kasbahs et les Ksour), qui favorisent intrinsèquement la régulation thermique, la biodiversité et la gestion durable des ressources sans recourir à des technologies énergivores.

 

6. Financement des solutions basées sur la nature urbaine et la culture : le rôle de la finance mixte

(Note : Exactement 2 des 11 articles sélectionnés se concentreront spécifiquement sur ce sous-thème).

Obtenir des financements publics et/ou privés pour augmenter la croissance des NbS et CBS urbains constitue un obstacle majeur à l’atteinte des objectifs de durabilité urbaine, car les budgets municipaux sont souvent contraints. Bien que les NBS soient reconnues pour leur rentabilité, leurs coûts irrécupérables élevés et la difficulté à monétiser leurs co-avantages sociaux et sanitaires à long terme freinent souvent leur mise en œuvre. Par conséquent, ces deux articles devraient aborder spécifiquement comment la « finance mixte » — l’utilisation stratégique du capital public ou philanthropique pour réduire les risques et catalyser l’investissement privé — peut être appliquée aux infrastructures urbaines vertes/bleues et à l’adaptation basée sur la culture en Méditerranée.

Les soumissions dans cette catégorie doivent analyser les modèles de financement alternatif (AF) conçus pour soutenir des environnements urbains résilients. Les sujets d’intérêt incluent le développement de « partenariats public-privé verts » (PPP verts), des obligations vertes, des obligations à impact environnementalet des plateformes de financement participatif qui alignent les incitations du secteur privé — telles que les critères de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et d’environnement, social et gouvernance (ESG) — avec les objectifs de santé publique et de résilience climatique. Les articles peuvent également examiner comment ces outils financiers naviguent dans le « problème de la double externalité » de l’éco-innovation, surmontent les barrières de valorisation et évitent les risques sociaux tels que le greenwashing et la gentrification verte dans les villes méditerranéennes. Les contributions devraient explorer comment s’attaquer au manque de valorisation économique standardisée des bénéfices non monétaires et intangibles (par exemple, la santé mentale, la cohésion sociale et la valeur esthétique) peut aider à développer un dossier économique plus solide pour attirer les investissements privés et surmonter la fragmentation institutionnelle.

 

TYPES DE CONTRIBUTIONS ATTENDUS

Plan Bleu accueille un large éventail de contributions alliant rigueur scientifique, pertinence politique et applicabilité pratique. Les soumissions peuvent inclure des articles de recherche académiques, des analyses orientées politiques, des études interdisciplinaires, des évaluations régionales comparatives, des études de cas au niveau territorial et urbain, ainsi que des recherches appliquées et des expériences de mise en œuvre liées aux solutions basées sur la nature, à la santé et à la résilience climatique dans la région méditerranéenne.

Les contributions peuvent aborder des dimensions théoriques, méthodologiques, de gouvernance, financières, environnementales, sociales ou opérationnelles des solutions basées sur la nature dans différents contextes méditerranéens. Les approches qualitatives et quantitatives sont encouragées, incluant la recherche mixte, l’analyse spatiale, la recherche participative, les approches de modélisation, les évaluations d’impact et les évaluations de politiques fondées sur des preuves.

Un intérêt particulier sera accordé aux contributions qui fournissent des recommandations concrètes, des leçons transférables, des méthodologies innovantes ou des analyses comparatives pertinentes pour les décideurs politiques, les autorités locales, les praticiens et les parties prenantes régionales œuvrant sur l’adaptation climatique, la santé publique, la résilience urbaine et le développement territorial durable.

 

ÉLIGIBILITÉ

L’appel est ouvert aux chercheurs, universitaires, praticiens, consultants, institutions publiques, organisations de la société civile et experts travaillant sur des questions liées aux solutions fondées sur la nature, à la résilience climatique, à la santé publique, au développement urbain durable, à la gouvernance environnementale et à la restauration des écosystèmes dans les pays méditerranéens qui sont parties contractantes au Plan d’action méditerranéen du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE/PNUE).

Cela inclut : l’Albanie, l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, Chypre, l’Égypte, la France, la Grèce, Israël, l’Italie, le Liban, la Libye, la Libye, Malte, Monaco, le Monténégro, le Maroc, la Slovénie, l’Espagne, la République arabe syrienne, la Tunisie, la Turquie.

Les soumissions interdisciplinaires et multi-auteurs sont encouragées. Les chercheurs de la Méditerranée méridionale et orientale, y compris des femmes et des doctorants, sont particulièrement encouragés à participer. S’ils sont présélectionnés, les candidats doivent démontrer leur capacité légale à signer des contrats et à émettre des factures conformément à la législation de leur pays.

 

LIVRABLES

Les auteurs sélectionnés devront soumettre :

  1. Un premier brouillon de l’article de recherche (environ 15 à 20 pages) ;
  2. Une version révisée et finale de l’article de recherche qui intègre les retours reçus lors du processus d’évaluation ;
  3. Un court résumé des principales conclusions et recommandations.

Les documents finaux doivent être rédigés en anglais et orientés vers les politiques, rigoureux scientifiquement et accessibles à un large public de décideurs et de praticiens.

 

RÉMUNÉRATION

Un total de 11 articles seront sélectionnés dans le cadre de cet appel. Chaque article recevra un montant brut de 2 000 €. Un premier paiement (anticipé) (30 %) sera effectué à la signature du contrat (la date exacte de paiement dépendra du moment de la distribution du PNUE/MAP). Un second paiement (30 %) sera effectué à la réception du premier brouillon du document. Un troisième paiement (final) (40 %) sera versé après la soumission du brouillon final, à condition que l’évaluation par les pairs soit positive et que l’article respecte les normes de qualité établies. Le paiement sera effectué après soumission satisfaisante et validation du document final par Plan Bleu.

 

CRITÈRES DE SÉLECTION

Un total de 11 propositions seront sélectionnées par Plan Bleu dans le cadre de cet appel à documents. Les propositions seront évaluées par Plan Bleu selon des critères objectifs, notamment :

  • la clarté, la cohérence et la structure de la proposition, incluant une présentation concise des objectifs de recherche, de la méthodologie et de la contribution attendue de l’article ;
  • la pertinence du sujet proposé par rapport aux objectifs et priorités thématiques de l’appel à documents ;
  • la qualité scientifique, l’originalité et la dimension interdisciplinaire de la recherche proposée ;
  • la pertinence politique et l’applicabilité pratique des conclusions et recommandations attendues ;
  • la pertinence de la proposition pour les défis environnementaux, climatiques, sanitaires et territoriaux méditerranéens 
  • la faisabilité de l’approche proposée, y compris l’adéquation de la méthodologie et des résultats attendus ;
  • et l’inclusion d’une bibliographie indicative et de références pertinentes.

Une attention particulière sera portée aux propositions traitant de dimensions transversales telles que la résilience climatique, la santé publique, la gouvernance, l’équité sociale, la restauration des écosystèmes et la durabilité urbaine ou territoriale via des solutions basées sur la nature.

La sélection finale peut également être soumise à des ajustements afin d’assurer un équilibre géographique, thématique et entre les genres entre les contributions sélectionnées. Les articles déjà publiés, ou déjà acceptés pour publication, ne seront pas acceptés. Tous les brouillons soumis peuvent faire l’objet d’un processus de vérification du plagiat. Aucun auteur unique ne peut soumettre plus de deux propositions, que ce soit de manière indépendante ou conjointe avec d’autres auteurs. Les projets doivent être soumis en anglais.

Les soumissions qui ne respectent pas les directives actuelles ou qui dépassent le cadre de l’appel ne seront pas prises en compte.

 

PROCESSUS DE SOUMISSION

Les chercheurs intéressés sont invités à soumettre, d’ici le 11 septembre 2026, les documents suivants :

  • Une note conceptuelle détaillée pour le mémoire de recherche (5 à 7 pages) incluant :

Une page de couverture (1 page) avec :

  1. Le résumé de l’article indique :
  • L’objectif de l’article
  • Le manque de connaissances et la valeur ajoutée de l’article
  • Méthodologie/approche
  • Résultats attendus et implications pour la politique régionale
  1. Présentation de l’auteur(s) et du sujet de la recherche comme suit :
  • Nom de l’auteur(s)
  • Leur affiliation
  • Coordonnées (y compris l’email)
  • Adresse, ville et pays
  • Quels des sujets de recherche mentionnés aborderont-ils ?

Les pages restantes de la note conceptuelle doivent inclure les éléments suivants :

  • Déclaration de recherche exposant le problème traité, brève revue de la littérature, les lacunes de connaissances que l’article abordera et un plan préliminaire.
  • Méthodologie de recherche énonçant la question de recherche, l’hypothèse à tester, la méthodologie (par exemple études de cas, preuves empiriques, analyse économétrique, analyse comparative des politiques, etc.) et la justification de l’utilisation de la méthodologie choisie.
  • Résultats attendus et implications politiques : comment les résultats et les résultats de la recherche se traduiront-ils en recommandations politiques. Les recommandations doivent être liées à l’analyse, précises et opérationnelles.
  • Les CV de l’auteur(s) incluant la liste des publications
  • Pour les experts/consultants basés en France :
  • un document certifiant leur enregistrement auprès du Registre du Commerce et des Sociétés, ou leur carte d’identité professionnelle attestant de l’enregistrement auprès du Répertoire des Métiers, ou leur certificat d’enregistrement auprès de l’URSSAF.
  • De plus, un certificat de conformité de la Sécurité sociale des indépendants (« attestation de vigilance ») de la Sécurité sociale des indépendants, s’ils ne sont pas affiliés au régime général de la Sécurité sociale.

Pour les experts basés hors de France, ils devront fournir une déclaration sous serment attestant qu’ils sont à jour dans leurs obligations fiscales et de sécurité sociale dans leur pays de résidence.

 

RÉSUMÉ ET CALENDRIER DE L’APPEL À COMMUNICATIONS

  • 11 septembre 2026 : Date limite de soumission des notes conceptuelles
  • Mi-septembre 2026 : Processus d’évaluation et de sélection
  • Fin septembre 2026 : Annonce de projets sélectionnés
  • 11 décembre 2026 : Soumission du premier brouillon
  • Décembre 2026 : Atelier régional en ligne
  • 26 mars 2027 : Soumission de la version finale
  • Été 2027 : Publication dans le volume édité par Plan Bleu.

UTILISATION DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Clause 1 – Utilisation contrôlée de l’intelligence artificielle

Le fournisseur de services est autorisé à utiliser des outils d’intelligence artificielle (IA) générative, à condition que leur utilisation soit strictement limitée aux fonctions de soutien : assistance à la structuration, brainstorming, exploration de documents ou optimisation éditoriale. L’utilisation de l’IA ne pourra en aucun cas remplacer le travail analytique, la vérification de la source ou la rédaction d’experts attendus dans le cadre du devoir. L’intelligence artificielle ne doit en aucun cas remplacer l’expertise humaine ou les méthodes scientifiques rigoureuses. En particulier, il ne peut pas être utilisé pour produire des estimations numériques ou pour générer des résultats de modélisation (économiques, économétriques, mathématiques ou autres), qui doivent être basés sur des approches validées et documentées mises en œuvre par le prestataire de services. Toute référence à une étude, un article, une donnée numérique ou une source académique doit être rigoureusement traçable et vérifiable par des références précises (titre, auteur, publication, date ou lien).

Clause 2 – Responsabilité du contenu et de la transparence

Le prestataire de services reste pleinement responsable de la qualité, de la précision, de la fiabilité et de la cohérence du livrable, y compris en cas d’utilisation partielle d’outils d’intelligence artificielle. Toutes les informations, données ou citations figurant dans le livrable final doivent avoir été vérifiées par le Consultant, quel que soit le mode de production. En cas de violation manifeste (sources fictives, devis fabriqués, données incohérentes), Plan Bleu se réserve le droit de demander une révision sans frais supplémentaires, voire de résilier le contrat et d’annuler tout ou partie du paiement en cas de non-respect des délais. Le consultant est tenu de déclarer explicitement toute utilisation des outils d’IA dans la préparation des livrables. Le consultant doit indiquer de manière transparente les parties du travail réalisées avec l’aide d’un outil d’IA et peut être sollicité pour fournir la méthodologie ou les requêtes (invites) utilisées.

Clause 3 – Responsabilité en matière de qualité

Le consultant reste seul responsable de l’exactitude, de l’originalité, de la vérification et de la qualité professionnelle des livrables, y compris ceux produits ou assistés par l’IA. L’utilisation d’outils d’IA ne peut en aucun cas justifier des erreurs factuelles, du plagiat, des biais ou des violations de la confidentialité.

Clause 4 – Non-conformité et conséquences

En cas de non-respect de cette clause, le client peut demander au Consultant de :

  • révisez les livrables sans frais supplémentaires
  • ou, en cas de violation grave ou répétée, d’appliquer les dispositions contractuelles relatives à la non-conformité ou à la résiliation.

 

CONTACT

Pour toute question liée à cet appel à documents, veuillez contacter Éloïse LEGUÉRINEL (Solution Nature-based (NbS), Résilient Cities et Gestionnaire de projet Territorial Foresight) eleguerinel@planbleu.org, et Pilar Montaner Pastor (Stagiaire sur NbS) pmontaner@planbleu.org avec l’objet suivant dans toute la correspondance : « Plan Bleu Appel à Communications – Solutions basées sur la nature, santé et résilience climatique ».

Source : Plan Bleu