Les dugongs, tortues et poissons du Golfe menacés par la guerre
18 mars 2026
18 mars 2026
Dugongs, tortues marines, coraux et mangroves : le Golfe abrite une faune et une flore marines d’une grande richesse biologique, dont certaines espèces déjà fragiles peuvent être menacées par les bombes et le pétrole du conflit actuel.
Environ 300 incidents comportant des risques environnementaux ont été recensés depuis le début de la guerre par l’Observatoire du conflit et de l’environnement (CEOBS), dont des attaques sur des pétroliers qui créent des risques de marées noires.
Facteur aggravant : dans le Golfe, la mer est en moyenne profonde de 50 mètres environ, semi-fermée, reliée à l’océan Indien uniquement par le détroit d’Ormuz, avec un renouvellement des eaux très lent — entre deux et cinq ans —, ce qui limite la dispersion du pétrole ou d’autres polluants.
La zone abrite la deuxième plus grande population mondiale de dugongs, des mammifères marins herbivores classés vulnérables, soit 5000 à 7500 individus, ainsi qu’une dizaine d’espèces de mammifères marins dont des baleines à bosse et des requins baleines.
Au total, plus de 2000 espèces marines, qui incluent plus de 500 poissons et cinq tortues, dont la tortue imbriquée, classée en danger critique d’extinction, sont recensés dans ces eaux chaudes.
Auxquelles s’ajoutent 100 espèces de coraux, qui avec les mangroves et les herbiers marins de la zone forment des zones de reproduction et de nurseries essentielles pour poissons et crustacés.
Les dizaines de navires bloqués dans le Golfe, chargés d’« environ 21 milliards de litres de pétrole », constituent une « bombe à retardement écologique » pour ces écosystèmes déjà fragilisés par le réchauffement et le trafic maritime, s’alarme Greenpeace.
« C’est un désastre environnemental annoncé », juge Nina Noelle, de Greenpeace Allemagne.