Le Maroc figure parmi les dix États du mécanisme WestMED générant 115,2 millions d’euros pour l’économie bleue méditerranéenne

 

Huit années après son lancement, le dispositif pour une économie bleue durable en Méditerranée occidentale (WestMED) associe le Maroc à neuf autres États riverains dans un cadre structuré de coopération maritime ordonné autour de trois objectifs stratégiques et de six priorités opérationnelles. Le document publié en février 2026 retrace l’évolution d’un mécanisme régional adossé au dialogue 5+5 de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et placé sous l’autorité d’un comité directeur réunissant l’ensemble des pays membres et la Commission européenne.

Le texte rappelle que «depuis son lancement il y a huit ans, l’économie bleue durable en Méditerranée occidentale a favorisé les liens entre l’Europe méridionale et l’Afrique du Nord afin de raffermir la coopération régionale.» Il précise que «dix pays – Algérie, France, Italie, Libye, Malte, Mauritanie, Maroc, Espagne, Portugal et Tunisie – se sont engagés en faveur d’une gouvernance rigoureuse et de l’essor d’une croissance bleue durable, créatrice d’emplois et d’innovation.»

Le rapport souligne encore que «le dispositif soutient l’élaboration de projets bleus en apportant un accompagnement technique concernant les possibilités de financement et en mettant en relation des partenaires potentiels à l’échelle du bassin maritime.» Pour l’exécution quotidienne, il est indiqué que «le mécanisme d’assistance, financé par la Commission européenne, dispose d’un pôle national dans chaque pays membre, animé par des experts de l’économie bleue.»

Résultats financiers et répartition des projets

En huit ans, le mécanisme d’assistance a soutenu 216 idées de projets présentées à des appels à financement. Parmi elles, 68 ont obtenu un concours financier, générant «plus de 115 millions d’euros d’investissements destinés à soutenir l’économie bleue durable». Le total consolidé des budgets mentionnés dans le document atteint précisément 115.205.422 euros.

La ventilation des projets approuvés révèle une prédominance des actions liées à une économie bleue intelligente et résiliente (57 %), devant l’amélioration de la gouvernance maritime (29 %) et la sûreté de l’espace maritime (14 %). Par priorités, 36 % concernent le développement des communautés côtières, la pêche durable et l’aquaculture ; 17 % la biodiversité et la restauration des habitats marins ; 12 % le développement des compétences ; 9 % les pôles maritimes ; 14 % la sécurité maritime.

Le document relève en outre que 28 pays non membres du dispositif participent aux consortiums bénéficiaires. La Grèce, impliquée dans 23 projets, et la Croatie, engagée dans 15 dossiers, figurent parmi les partenaires les plus actifs, devant l’Allemagne (9) et les Pays-Bas (7).

Priorités stratégiques et présence du Maroc

Les trois objectifs structurants sont définis comme suit : «une économie bleue intelligente et résiliente»«une gouvernance maritime améliorée» et «un espace maritime plus sûr et plus sécurisé». Les six priorités couvrent notamment le développement des communautés côtières, la sécurité maritime et la lutte contre la pollution, la formation et la circulation des compétences, les pôles maritimes, la consommation et la production durables, la préservation et la restauration de la biodiversité marine.

La déclaration ministérielle révisée de 2023 ajoute plusieurs axes, parmi lesquels «la décarbonation de l’économie bleue, en particulier le développement des secteurs des énergies marines renouvelables»«l’intensification des efforts contre la pollution de l’air et du milieu marin», ou encore «l’accroissement des ambitions en matière de préservation de la biodiversité marine et côtière en Méditerranée.»

Le Maroc figure explicitement parmi les dix États participants et prend part à plusieurs projets financés, notamment dans les domaines de la pêche, de la formation des garde-côtes, de la lutte contre la pêche illicite et de la coopération portuaire. Le projet e-FishMed, par exemple, prévoit «la mise en place d’une académie régionale virtuelle afin de soutenir la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et le contrôle des mesures de conservation et de gestion en Méditerranée.»

La présence marocaine se manifeste également dans des programmes relatifs au transport maritime décarboné, à la coopération des pôles maritimes ou à la gestion des déchets marins. Le document souligne que le dispositif «étend ses partenariats bien au-delà des dix pays participants», avec des coopérations englobant l’ensemble des bassins maritimes européens.

Au terme de ces huit années, le rapport affirme que le cadre WestMED continuera «à approfondir la coopération afin de promouvoir une économie bleue durable au bénéfice des populations et de la nature, aujourd’hui et pour les générations futures.»

Source : barlamane