La bluetech américaine traverse l’Atlantique pour expérimenter dans les eaux méditerranéennes, à Nice, un procédé de dessalement sous-marin qui réduit drastiquement les besoins en énergie et la production de saumure.
Le dessalement d’eau de mer est une histoire très ancienne. Si Aristote s’intéressait déjà au processus il y a plus de 2 500 ans, c’est en 1675 que le premier brevet, destiné à la marine anglaise, a été publié, ouvrant la voie à de multiples travaux et réflexions afin de produire de l’eau douce à bord des navires. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et la question du stress hydrique est devenue cruciale pour certaines régions du monde. Au point de dénombrer, en ce début de XXIe siècle, environ 20 000 usines en service qui produisent 100 millions de m3 d’eau douce chaque jour à partir d’eaux salées. Une capacité qui a doublé en une décennie et croît de 6 à 12% par an, en dépit du coût environnemental et énergétique que l’on sait. Certaines études prédisent en effet que le secteur pourrait être à l’origine de l’émission de 400 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2050.
En réaction, et parce que le dessalement apparaît comme une arme indispensable contre les effets du changement climatique sur la disponibilité de l’eau douce, une nouvelle génération d’entreprises phosphore pour réduire drastiquement l’empreinte écologique et économique du procédé. Parmi elles, OceanWell, née en 2019 à Los Angeles, qui a créé en octobre dernier sa tête de pont européenne à Nice. Il faut dire que la capitale azuréenne présente de nombreux atouts dont celui d’offrir une topographie marine spécifique, avec des eaux profondes très proches du littoral, qui sied parfaitement à la technologie développée par la start-up américaine. Car ce qui distingue OceanWell de ses concurrents, c’est l’implantation de ses water farms modulaires sous l’eau, à 400 mètres de profondeur.