« Océania, les gardiens des océans » : un documentaire sur la résistance collective pour protéger les îles du Pacifique
13 février 2026
13 février 2026
Eaux turquoise, plages de sable blanc, cocotiers… Bienvenue dans le décor idyllique de Wallis-et-Futuna. Mais derrière la carte postale se dessine une réalité plus cruelle : le recul inexorable du littoral face à l’érosion. Issue d’une famille de pêcheurs profondément attachée au patrimoine culturel et naturel de son île, Malia, 28 ans, refuse de la voir disparaître. Face à cette menace, la jeune femme se bat pour restaurer les mangroves en plantant des palétuviers afin de retenir le sable. Son combat pour sauver son territoire est loin d’être isolé.
Dans « Océania, les gardiens de l’océan », Raynald Mérienne traverse le Pacifique pour donner la parole à ceux qui, de Hawaï à l’île de Pâques (Rapa Nui), de Nouvelle-Calédonie aux Marquises, luttent contre la surpêche, le plastique ou le blanchissement corallien. Fil rouge du film, Solomon Pigo, dit « Oncle Sol », figure tutélaire hawaïenne, consacre sa vie à la préservation de l’océan depuis plus de cinquante ans.
Le documentaire aurait pu sombrer dans un catalogue de bonnes pratiques écologiques, mais le réalisateur, spécialiste des Outre-mer, évite cet écueil en construisant son film comme une épopée océanienne, où chaque territoire révèle une menace spécifique et une réponse puisée dans la mémoire collective et les cultures ancestrales.
Sur l’île de Pâques, Ludovic organise des ramassages de débris de plastique rejetés par les vagues et tente d’alerter le monde sur l’ampleur de cette pollution. Aux Marquises, face à la surpêche et à la pêche industrielle, Humukohea, plongeur professionnel et leader culturel, milite pour le rāhui, mode de gestion traditionnel polynésien permettant aux ressources de se régénérer.
En Nouvelle-Calédonie, Théophile veille sur la réserve corallienne créée par son père, menacée par les canicules marines, et fait renaître la pirogue traditionnelle, symbole de mobilité et de lien culturel entre les îles. Sur Big Island, l’une des principales îles de l’archipel d’Hawaï, Roxane protège les baleines à bosse, considérées dans la tradition locale comme les ancêtres des hommes.
Entre images somptueuses et témoignages incarnés, Raynald Mérienne donne à voir une résistance collective fragile mais obstinée pour préserver l’océan, ses îles et ses habitants face au désastre.